L'INCONNU, ACTE III, SCÈNE VI
Sut (le l'erreur toujours se garantir, C'est sur nous seuls qu'on doit prendre assurance.
Les autres ne font que mentir.
Dans vos plus grands projets vous serez traversée; Mais en vain contre vous la brigueemploiera tout, Vous aurez le plaisir de la voir renversée.
Et d'en venir toujours à bout.
Vous avez quelquefois de flatteuses manières. Oui seraient pour l'espoir un motif bien pressant, Si, pour les balancer, vous n'en aviez de fières
yuile font mourir en naissant.
Cette ligne qui croise avec celle de vie, Marque pour votre gloire un murmure fatal ; Sur des traits ressemblants on en parlera mal,
Et vous aurez une copie Qui vous fera croire l'original D'un bonneur ennemi de la cérémonie.
N'en prenez pas trop de chagrin :
Si votre gaillarde figure Contre vous quelque temps cause un fâcheux mur- Un tour de ville y mettra fin, [mure.
Et vous rirez de l'aventure.
Votre cœur est brigué par quantité d'amants ; Mais leprcmierde tous pourraits'en rendremaitre.
Si le dernier sans se faire connaître.
Ne vous inspirait pas de tendres sentiments :
Cependant vous aurez beau faire, Même prix, même gloire est acquise à leurs feux,
Vous les épouserez tous deux.
C'est du destin un décret nécessaire.
LA C0.\1TESSE
Tous deux !
OLY.MPE.
Si pour constant ce décret est tenu, Madame, du marquis nous demandons la vie, Il vous a le premier servie ; Quand vous serez veuve de l'Inconnu, Vous pourrez l'épouser, s'il vous eu prend envie.
LE MARQUIS
Non,non, je prends sur moi le soin de démentir La nécessité du veuvage.
LA COMTESSE
Laissons là tout ce badinage.
Et songeons à nous divertir :
Point de mort ni de mariage.
Leur rapport ne peutrien que sur les scrupuleux. Qui s'en font un fâcheux augure.
OLYMPE
Et ces enfants qu'ils mènent avec eux.
Disent-ils la bonne aventure?