L'INCONNU, ACTE IV, SCÈNE II
LE MARQUIS
lié bien, il faut céder, mais ce qui me console. Quand à votre bonheur ma passion s'immole, [loux, C'est qu'au moins je pourrai, malgré mes feux ja- Montrer qu'on vous aimant je n'ai cherché que vous.
Je ne vous crojais pas l'ùme si généreuse.
LE MAKOL'IS.
L'Inconnu vousmérite,il faut vousrendreheureuse.
LA COMTESSE
Le coup vous louchera plus que vous ne pensez.
LE MARQUIS
N'importe, vous vivrez contente, et c'est assez. En deux ans je n'ai pu réussir à vous plaire; Après un mois de soins, l'Inconnu l'a su faire : Voire penchant pour lui ne peut se démentir, Je vois qu'il vous emporle, il faut y consentir.
LA COMTESSE
Vous le dites d'un air si plein de confiance, Qu'il semble...
LE MARQUIS
Je le dis parce que je le pense.
LA COMTESSE
Un si beau sacrifice est digne d'un amant : Mais d'où vient que tantôt vous parliez autrement? Inquiet, alarmé, vous me faisiez un crime De ce que l'Inconnu m'avait surpris d'estime : Le louer, c'était faire outrage à votre foi.
LE MARQUIS
C'est qu'alors mon amour ne regardait que moi : Il a vu son erreur; et la secrète honte D'écouter pour lui-môme une chaleur trop prompte. L'a rendu si conforme à tout ce qui vous plaît. Qu'il fait de vos désirs son plus cher intérêt.
C'est trop, pour l'Inconnu je les ferai paraître ; Je dois chérir sa flamme ; et dès demain, peut-ôtre. Puisque c'est pour vos vœux un spectacle si doux. Vous aurez le plaisir de le voir mon époux.
LE MARQUIS
J'aurai ce plaisir.
LA COMTESSE
Oui, rien n'y peut mettre obstacle.
Mon choix sera pour lui.
LE MARQUIS
J'attendrai ce miracle.
Ainsi donc, le voyant, d'abord vous l'aimerez"?
LA COMTESSE
Si je ne l'aime pas, vous m'en accuserez.