‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une noticeChapitre 1305 sur 1518 · L'INCONNU, ACTE V, SCÈNE VII · texte numérisé non relu

L'INCONNU, ACTE V, SCÈNE VII

OLYMPE

L'Amour peut, sans scrupule, user de son pouvoir.

l'amour.

Il faut donc mo hâter de vous le faire voir. Regardez ce portrait.

OLYMPE, ù la comtesse.

Si rien ne le déguise, Vous y verrez des traits... Vous en êtes surprise? Hé bien, a-t-il l'air bon? Qu'en dites-vous?

LA COMTESSE

Je dis...

Voyez.

LE CHEV.iLIER, regardant le portrait.

C'est le marquis.

OLYMPE

Le marquis?

LE VICOMTE

Le marquis?

OLYMPE

Juste ciel!

LA COMTESSE, OH marquis.

Quoi, c'est vous dont l'adresse cachée Cherchait à me toucher?

LE MARQUIS

En êtes-vous fâchée?

LA COMTESSE

Je ne m'étonne plus si vos feux trop soumis Aux vœux de l'Inconnu laissaient l'espoir permis.

LE MARQUIS

Tant d'amour ne peut-il mériter de vous plaire? Ne VOUS rendez-vous point?

LA CO.MTESSE.

C'est une grande affaire.

D'ailleurs, deux inconnus...

LE MARQUIS

Je n'en dois craindre rien.

LInconnu du vicomte est le comédien; Il ne s'est pas trop mal acquitté de son rôle.

Il est vrai, je cherchais le son de sa parole; Et, sur monsieur Grosset, je me remets sa voix.

LA COMTESSE

Et l'Inconnu qu'Olympe a trouvé dans le bois?

OLY.MPE.

J'ai dit ce que j'ai vu, sans savoir davantage.

LE CHEVALIER

Quelque ami du marquis a fait ce personnage; Pour l'Inconnu, par elle il voulait vous toucher.

LA COMTESSE

Qui l'aurait cru qu'en vous il l'eût fallu chercher?

LE MARQUIS

Non, ne m'en croyez pas ; mais, aimable comtesse, Croyez-en ce présent que m'a fait la Jeunesse.

LA COMTESSE

C'est là mon diamant; vous étiez destiné

A recevoir enfin la main qui l'a donné;

Il est juste, et j'en fais le prix de votre flamme.

LE MARQUIS

0 bonheur (|ui remplit tous mes vœux!

{X Olj-mpe.)

Mais, madame, Souvenez-vous...

Oui, je ne pourrais oublier Que je vous ai promis d'aimer le chevalier : Vous avez de l'honneur, c'est assez vous en dire.

LE CHEVALIER

Doux et charmant aveu qui finit mon martyrel Madame, je puis donc prétendre à votre foi?

OLYMPE

Si ma mère y consent, répondez-vous de moi?

LE VICOMTE

Je vous vois là tous quatre en bonne intelligence; Et moi, que devenir?

LA COMTESSE

Vous prendrez patience.

LE VICOMTE

Oui, de mes pas pour vous c'est donc tout le succès? Se charge qui voudra du soin de vos procès. Adieu.

LA COMTESSE

Le prendrez-vous, marquis, il vous regarde.

LE MARQUIS

Que ne ferais-je point ?

LE CHEVALIER

La retraite est gaillarde.

OLYMPE

C'est un extravagant dont nous sommes défaits.

Allons.

LE MARQUIS

Puisse l'Amour ne nous quitter jamais !

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