SCENE I
SGANARELLE, GUSM.\N.
SGANARELLE, pTenimt du tabnc et en offrant « Gusman.
Quoi qu'eu dise .\ristote, et sa docte cabale.
Le tabac est divin, il n'est rien qui l'égale;
Et par les fainéants, pour fuir l'oisiveté, ' Jamais amusement ne fut mieux inventé. '■ Ne saurait-on que dire, on prend la tabatière ; I Soudain à gauche, à droit, par devant, par derrière, I Gens de toutes façons, connus et non connus, ! Pour y demander part, sont les très bien venus;
Mais c'est peu qu'à donner instruisant la jeunesse,
Le tabac l'accoutume à faire ainsi largesse,
C'est dans la médecine un remède nouveau ;
11 purge, rejouit, conforte le cerveau.
De toute noire humeur promptement le délivre ;
Et qui vit sans tabac, n'est pas digue de vivre.
0 tabac, ô tabac, mes plus chères amours !
Mais reprenons un peu notre premier discours.
Si bien, mou cher Gusman, qu'Elvirc la maîtresse^
Pour don Juan mon maître a pris tantde tendresse. Qu'apprenant son dépari, l'excès de son ennui L'a fait mettre en campagne, et courir après lui. Le soin de le chercher est obligeant sans doute, C'est aimer fortement, mais tout voyage coûte; Et j'ai peur, s'il te faut expliquer mon souci. Qu'on l'indemnise mal des frais de celui-ci.
GUSM.^N.
Et la raison cncor? Dis-moi, je te conjure, D'où le vient une peur de si mauvais augure? Ton maître là-dessus t'a-t-il ouvert son c<pur'? T'a-t-il fait remarquer pour nous quelque froideur'? Qui d'un départ si prompt...
Je n'en sais point les causes.
Mais, Gusman, à peu près, je vois le train des Et sans que don Juan m'ait rien ditde cela, [choses, Tout franc, je gagerais que l'affaire va là. Jepourrais me tromper, mais j'ai peineà Iccroire.