LE FESTIN DE PIERRE, ACTE II, SCÈNE VIII
J'ai promis des effets, laissons là les paroles. C'est par eux que je songe à vous mettre d'accord ; Et l'on saura bientôt qui de vous deux a tort, Puisqu'on me mariant je dois faire connaître Pour laquelle l'amour dans mon cœur a su naître.
{A ilatlittriïie.)
Laissez-la se flatter, je n'adore que vous.
{A Charlotle.)
Ne la détrompez point, je serai votre époux.
{A Malhurine.)
Il n'est charmes si vifs qui n'effacent les vôtres.
{A Cliarlolle.)
Quand on a vu vos yeux, on n'en peut souffrir d'au- Une affaire me presse, et je cours l'achever, [très- Adieu. Dans un moment je viens vous retrouver.
SCÈiNE V MATHURINE, CHARLOTTE, SGANARELLE.
CHARLOTTE
C'est moi qui l'i plaist mieux, au moins.
MATHURINE
Pourtant je pense Que je Tépouseron.
SfiANARELLE.
Je plains votre innocence, Pauvres jeunes brebis, qui, pour trop croire un fou. Vous-même vous jetez dans la gueule du loup. Croyez-moi toutes deux, nesoyez point si promptes A vous laisser ainsi duper par de beaux contes. Songez à vos oisons, c'est le plus assuré.