‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une noticeChapitre 1359 sur 1518 · SCENE XI · texte numérisé non relu

SCENE XI

D. JUAN, LA STATUE du commamleur, BELLE, SUITE.

SGANA-

D. JUAN

Une chaise, un couvert. Je te suis redevable D'être si ponctuel.

{A Sganarelle).

Viens te remettre à table.

SGANARELLE

J'ai mangé comme un chancre,etje n'ai plusde faim.

D. JUAN, au commandeur.

Si de l'avoir ici j'eusse été plus certain. Un repas mieux réglé l'aurail marqué mon zèle. A boire. A ta santé, commandeur. Sganarelle, Je te la porte ; allons, qu'on lui donne du vin. Bois.

SGANAliELLE.

Je ne bois jamais quand il est si matin.

D. JUAN

Chante, le commandeur te voudra bien entendre.

SGANARELLE

Je suis trop enrhumé.

LA STATUE

Laisse-le s'en défendre.

C'en est assez, je suis content do ton repas; Le temps fuit, la mort vient, et tu n'y penses pas.

D. JUAN

Ces avertissements me sont peu nécessaires. Chantons, une autre fois nous parlerons d'affaires.

LA STATUE

Peut-être une autre fois tu le voudras trop tard; IVIais, puisque tu veux bien en courir le hasard, Dans mon tombeau ce soir à souper je t'engage. Promets-moi d'y venir, auras-tu ce courage?

D. JUAN

Oui, Sganarelle et moi nous irons.

SGANARELLE

Moi? Non pas.

D. JUAN

Poltron!

SGANARELLE

Jamais par jour je ne fais qu'un repas.

LA STATUE

Adieu.

D. JUAN

Jusqu'à ce soir.

LA STATUE

Je t'attends.

SGANARELLE

Misérable !

Où me veut-il mener ?

D. JUAN

J'irai, fût-ce le diable.

Je veux voir comme on est régalé chez les morts.

SGANARELLE

Pour cent coups de bâton que n'en suis-je dehors.

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