LE FESTIN DE PIERRE, ACTE V, SCÈNE II
Ji; lie suis plus ce fils dout les làclies désirs iN'cMrcnt pour seul objel (juo d'iiirAnics plaisirs; l.ccioi.doutlaolciiiencecst (lour moi saus seconde, M'a fait voii' lout à coup les vaius abus du monde ; Tout à coup de sa voix l'attrait victorieux A pénétré mon Ame et dessillé mes yeux; Kl je vois par l'effet dont sa grâce est suivie, Avec autant d'horreur les taches de ma vie, Que j 'eus d'euiporlcuieuts pou !■ tout ce (|ue mes sens Trouvaient à me llalter d'appas éblouissants. Huand j'ose rappeler l'excès abominable Des désordres honteux dont je me sens coupable, Je frémis, et m'étonne, en m'y voyant courir, Comme le ciel a pu si longtemps me souffrir. Comme cent et cent fois il n'a pas sur ma tête La ncéTaflreux carreau qu'aux méchants il apprête. L'amour qui tint pour moi son courroux suspendu, M'apprend à ses bontés quel sacrifice est dû. Il l'attend, et ne veut que ce cœur infidèle, (;e cœur jusqu'à ce jour à ses ordres rebelle. Enfin, et vos soupirs l'ont sans doute obtenu, De mes égarements me voilà revenu, l'ius de remise, il fautqu'auxyeuxdetoutlemonde, ,\ mes folles erreurs mon repentir réponde. Que j'eflace, en changeant mes criminels désirs. L'empressement fatal que j'eus pour les plaisirs, Kt tâche à réparer, par une ardeur égale. Ce que mes passions ont causé de scandale. C'cstàquoi tousmes vœux aujourd'hui sontportés; Et je devrai beaucoup, monsieur, à vos bontés. Si dans le changement oii ce retour m'engage. Vous me daignez choisirquclque saint personnage, Qui me servant de guide, ait soin de me montrer X bien suivre la route où je m'en vais entrer.
D. LOUIS
Ail, qu'aisément un fils trouve le cœur d'un père Prêt au moindre remords à calmer sa colère! Quels que soient les chagrins quepar vous j'ai reçus. Vous vous en repentez, je ne m'en souviens plus, Tout vous porte à gagner cette grande victoire. L'intérêt du salut, celui de votre gloire; Combattez et surtout ne vous relâchez pas; Mais, dans cette campagne, où s'adressentvospas? J'ai sorti de la ville exprès pour une affaire. Où dès hier ma présence était fort nécessaire, Et j'ai voulu marcher un moment au retour; Mon carrosse m'attend à ce premier détour. Venez.
D. JfA\.
Non, aujourd'hui souffrez-moi l'avantage D'un peu de solitude au prochain ermitage. C'est là que retiré loin du monde et du bruit. Pour m'ofl'rir mieux au ciel je veux passer la nuit. Ma peine y finira; tout ce qui m'en peut faire Dans ce détachement qui m'est si nécessaire. C'est que pour mes plaisirs je me suis fait prêter Des sommes que je suis hors d'état d'acquitter. Faute de rendre, il est des gens qui me maudissent, Oui font...
D. i.ouis.
Que là-dessus vos scrupules finissent.
Je paierai lout, mon fils, et prétends de mon bien Vous donner...
D. JUAN
Ah ! Pour moi, je ne demande rien.
Pourvu que par mes pleurs mes fautes réparées...
D. LOUIS
0 consolations! Douceurs inespérées!
Tous mes vœux sont enfin heureusement remplis; Grâce aux bontés du ciel j'ai retrouvé mon fils, Il se rend à la voix qui vers lui le rappelle. Je cours à votre mère en porter la nouvelle. Adieu, prenez courage; et, si vous persistez, N'attendez plus que joie et que prospérités.