LE COMTE D'ESSEX, ACTE II, SCÈNE V
LA DUCHESSE
Quoi, pour SCS eoneniis vous vous intéressez, Madame'.' Ignorez-vous que l'éclat de sa vie. Contre le rang qu'il tient, arme en secret l'envie? Coupable eu apparence...
ELISABETH
Ah ! Dites en effet, Les témoins sont ouïs, son procès est tout l'ait; Et si je veux enfin cesser de le défendre, L'arrêt ne dépend plus que de le faire entendre. Qu'il y songe, autrement...
LA DCCHESSE.
Hé quoi, ne peut-on pas L'avoir rendu suspect sur de faux attentats"?
ELISABETH. [iSS.
Ah, pli'it au ciel ! Mais non, les preuves sont trop l'or- N'a-t-il pas du palais voulu forcer les portes"? Si le peuple qu'en foule il avait attiré. Eût appuyé sa rage, il s'en fût emparé. Plusdc trônepourmoi, l'ingrats'enrendaitmaitre.
LA DUCHESSE
On n'est pas criminel toujours pour le paraître. Mais je veux qu'il le soit; ce cœur de lui charmé Résoudra-l-il sa mort? Vous l'avez tant aimé!
ELISABETH
Ah! Cachez-moi l'amour qu'alluma trop d'estime; M'en faire souvenir, c'est redoubler son crime. A ma honte, il est vrai, je le dois confesser, Je sentis, j'eus pour lui... Mais que sert d'y penser? Suffolc me l'a ravi, Suffolc qu'il me préfère Lui demande mon sang, le lâche veut lui plaire. Ah! Pourquoi, dans les maux où l'amour ra'expo- N'ai-je fait que bannircelle qui les causait? [sait, Il fallait, il fallait à plus de violence Contre celte rivale enhardir ma vengeance. Ma douceur a nourri son criminel espoir.
LA DCCHESSE.
Mais cet amour sur elle eut-il quelque pouvoir? Vous a-t-elle trahie, et d'une àme infidèle Excité contre vous...
ELISABETH
Je souffre tout par elle; Elle s'est fait aimer, elle m'a fait hai'r, Et c'est avoir plus fait cent fois que me trahir!
LA DUCHESSE
Je n'ose m'opposer... Mais Cécile s'avance.