SCÈNE VII L.\ DUCHESSE, LE COMTE
LA DCCHESSE.
Ah ! Comte, voulez-vous, en dépit de la reine, De vos accusateurs servir l'injuste haine. Et ne voyez-vous pas que vous êtes perdu. Si vous souffrez l'arrêt qui peut être rendu? Quels juges avez-vous pour y trouver asile? Ce sont vos ennemis, c'est Haleg, c'est Cécile; Et pouvoz-vous penser qu'en ce péril pressant. Qui cherche votre mort vous déclare innocent?
LE COMTE
Quoi, sans m'inléresser pour ma gloire flétrie. Je me verrai traiter de traître à ma patrie? S'il est dans ma conduite une ombre d'attentat, Votre hymen fit mon crime, il touche peu l'État;
Vous savez là-dessus quelle est mon innocence, Et ma gloire avec vous étant en assurance, (^c que mes ennemis en voudront présumer, Quoi qu'ose leur fureur, ne saurait m'alarmer. Leur imposture ciilin se verra découverte; Et, tout méchauls qu'ils sont, s'ils résolvcntniaper- .Xssemblés pour l'arrêt qui doit me condamner, [te, Ils trembleront peut-être avant que le donner.
LA DUCHESSE
Si l'éclat qu'au palais mon hymen vous fit faire Me faisait craindre seule un arrêt trop sévère, Je pourrais de ce crime affranchir votre foi. En déclarant l'amour que vous eûtes pour moi. Mais des témoins ouïs sur ce qu'avec l'Irlande On veut que vous ayez...
LE COMTE
La faute n'est pas grande.
Et pourvu que nos feux à la reine cachés Laissent à mes jours seuls mes malheurs attachés...
LA DUCHESSE
Quoi, vous craignez l'éclat de nos flammes secrètes Ce péril vous étonne, et c'est vous qui le faites? La reine qui se rend sans rien examiner. Si vous y consentez, vous veut tout pardonner. C'est vous, qui refusant...
LE COUTE
N'en parlons plus, madame Qui reçoit un pardon, souffre un soupçon infâme; Et j'ai le cœur trop haut pour pouvoir m'abaisscr A l'indigne prière où l'on me vent forcer.
LA DUCHESSE
Ah ! Si de quelque espoirje puis flatter ma peine. Je vois bien qu'il le faut mettre tout en la reine. Par de nouveaux efforts je veux encor pour vous Tâcher, malgré vous-même, à vaincre son courroux. Mais si je n'obtiens rien, songez que votre vie Depuis longtemps en butte aux fureurs de l'envie. Me coûte assez déjà pour ne mériter pas Que, cherchant à mourir, vous causiez mon trépas. C'est vous en dire trop. Adieu, comte.
LE COMTE
Ah, madame, Après que vous avez désespéré ma flamme. Par quel scinde mcsjours...Quoi,mequiltcrainsi?