‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une noticeChapitre 1474 sur 1518 · SCÈNE VIII MADAME JOBIN, M. GOSSELIN · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII MADAME JOBIN, M. GOSSELIN

MADAME JOBIN

Malburine.

M. GOSSELIN

Elle était Iji-bas quand je suis monté.

MADAME JOBIN

Ah ! C'est vous, mon frère.

M. GOSSELIN

Je viens de parler à mon procureur, il dit que dans trois ou quatre jours il sera temps de solliciter.

MADAMK JOBIN.

Je vous promets de vous trouver des amis. Vous ne ferez plus scrupule de recevoir du secours d'une sœur sorcière ?

M. GOSSELIN

Ne savez-vous pas que je suis devenu moi-même sorcier? J'aidai hier à faire remuer le corps qui effraya tant votre marquis.

MADAMK JOlilN.

11 faisait le brave, et eut grande peur, je vois tous les jours de ces braves-là. Ils parlent bien haut quand il ne faut que parler, mais la moindre vision les épouvante.

M. GOSSELIN

Il veut pourtant voir le diable. Croyez-vous qu'il vienne"?

MADAME JOBIN

11 aura repris du courage depuis hier.

M. GOSSELIN

Après l'avoir vu trembler comme il a fait, je le divertirais bien s'il avait affaire à moi.

MADAME JOBIN

lié bien, faites le diable pour lui, je m'en fierai plus volontiers à vous qu'à personne.

M. GOSSELIN

Ojinment le diable?

MADAME JOBIN

Vous avez la taille merveilleuse pour cela. Un diable ragot ne fait pas la moitié de l'impression que vous ferez. Demeurez toujours ici. Vous gagnerez plus avec moi qu'à être procureur fiscal.

M. GOSSELIN

Quitter ma charge de procureur fiscal pour faire le diable?

MADAMF. JOBIN.

Allez, ce n'est peut-être pas trop changer d'étal.

M. GOSSELIN

Vous m'instruirez quand vous serez seule. Je ne serai point fâché de me réjouir de votre marquis.

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