DON BERTRAND DE CIGARRAL, ACTE III, SCÈNE II
11 est parti soudain doscspéré, jaloux; Mais, par quelques motifs qu'il se laisse conduire. Aimez en assurance, il ne vous saurait nuire; Il a beau prolester qu'il est prêt de mourir, Isabelle s'en moque, et ne le peut soulTi-ir. Poussez, à cela près, voire bonne fortune.
D. .^LVAH.
Sa présence à ma flamme esl liuijiuirs importune.
GLZ.\I.\.\.
En l'état oii je vois celte afl'aire aujourd'hui. Je trouve don Bertrand plus à plaindre que lui : Gardez de prendre ici quatorze au lieu de douze. Si rii\uien se conclut? Si demain il l'épouse?
D. ALVAU.
Quoi, tu crois qu'Isabelle y pourrait consentir?
f.LZMAN.
Je ne dis oui ni non, de crainte de mentir. Mais chacun dort ici, déjà la nuit s'avauce; Prenez l'occasion dans ce jirol'ond silence. Tâchez de lui parler.
D. AI.VAR
Je viens à ce dessein.
Frappe, voici sa chambre.
GUZMAX.
En êtes-vous certain?
D. ALVAR
J'ai bien tout observé de peur d'en être en peine : Don Bertrand choisissant cette chambreprochaine, .\ voulu qu'Isabelle eiit cet appartement.
GUZMAX.
Je puis donc y frapper?
D. ALVAli.
Oui, frappe assurément.
GLZMAN.
Et s'il faut qu'il s'éveille à ce bruit?
D. ALVAR
Il n'importe.
Mais quelqu'un parle, écoute, on ouvre cette porte. Voyons qui sortira.
GUZMA.X.
Cachous-uous dans ce coin.