SCÈNE II D. BERTRAND, GUZMAN
D. BERTRAND
Guzman.
GUZMAN
Hé bien enfin, avez-vous votre compte?
Est-ce fait?
D. BERTRAND
Tu me vois avec ma courte honte.
Notre marché tiendra.
GUZMAN
Quoi, tout n'est pas rompu?
n. BERTRAND.
En vain pour m'en tirer j'ai fait ce que j'ai pu, Ce diable de beau-père est trop opiniâtre.
GUZMAN
Ces vieillards sont toujours d'humeur acariâtre.
D. BERTRAND
Au profil de sa fille, il a fort peu de bien,
Elle empire d'allendre, et je la prends pour rien,
La garde d'un tel meuble à la fin peut déplaire.
GUZMAN
Ce n'est pas d'aujourd'hui qu'il cherche à s'en dé- Mais le monde à Madrid est pi us futé qu'ici, [l'aire,
D. BERTRAND
Commenl, je suis donc pris pour dupe?
GUZMAN
Oui, Dieu merci.
Vous allez bienlôt être un mari d'importance.
D. BERTRAND
Ah, que si je pouvais raltraper ma quittance ! Mais notre épouse encor,qu'a-t-elle?
lin grand défaut.
D. BERTRAND
Quel?
GUZMAN
Il n'importe.
D. BERTRAND
Dis.
GUZMAN
Je n'ose.
D. BERTRAND
Achève toi.
GUZMAN
Mais...
D. BERTRAND
Si tu ne le dis, je jouerai de la dague.
GUZMAN
Vous le voulez savoir?
D. BERTRAND
Oui, parle.
GUZMAN
Elle extravague.
Elle?
GDZMAN.
Elle.
D. BERTRAND
Ce n'est donc qu'en decertains moments?
GUZMAN
Elle a l'esprit gâté d'avoir lu des romans.
Et croit qu'étant un jour d'un taureau poursuivie.
Sans certain chevalier elle eût perdu la vie ;
Elle l'aime en idée; et quoique son époux.
Ce chimérique amant l'emportera sur vous.
Elle caresse ainsi tanli'it l'un, tantôt l'autre,
Croyant...
D. BERTRAND
Dans sa folie il irait bien du nôtre.
Aussi bien à l'abord il m'était fort nouveau Que mon cousin lui fit un conte de taureau.
GUZMAN
Il avait dès Madrid appris sa maladie, l.a fil-il bien jaser?