‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une noticeChapitre 194 sur 1518 · SCÈNE I ORONTE, CLITON · texte numérisé non relu

SCÈNE I ORONTE, CLITON

ORONTE

As-tu fait mon message ?

CLITON

Oui, monsieur.

OHONTE.

Et ma lettre.

Aux mains de Dorotée as-tu su la remettre?

CLITON

En inaiu propre.

ORONTE

D'abord elle aura refusé D"y voir peint le tourment que sesyeux m'ont causé. Tu l'auras voulu rendre, et feignant...

CLITON

Au contraire, Sans se faire prier, elle l'a lue entière.

A ce coup le succès a passé mon espoir, Elle ne me hait pas, à ce que je puis voir?

CLITON

Du plus fort de ses traits l'amour pour vous la blesse, Etvous avez, monsieur, plus d'heur que de sagesse.

ORONTE

Je n'espérais pas tant.

CLITON

Dans cet amour nouveau Vous avez vent en poupe, et voguez en pleine eau : Vous pourrez aller loin do l'air dont on vous traite.

ORONTE

Tu sais à quels revers ma fortune est sujette.

CLITON

Voici de quoi guérir une si vaine peur.

ORONTE

Qu'est-ce?

r.LlTON.

Lettre pour lettre, et faveur pour faveur.

ORONTE

Elle m'a fait réponse ?

CLITON

Au moins pour vous la rendre Chez elle assez longtemps elle m'a fait attendre; Et ce billet enfin entre mes mains remis...

ORONTE

Ouvrons, il m'apprendra quel espoir m'est permis. « Pour prix de votre amour que vous peignez exlrè- J'avais écrit en vers, elle répond de même, [me...» Il n'est rien dont sans peine elle ne vienne à bout.

Cr.ITON.

Les femmes d'aujourd'hui mettent le nez partout.

ORONTE m.

«Pour prix de votre amour que vous peignez extrême, Oronte, vous osez me demander le mien; Quelquefois par bouté j'endure que l'on m'aime. Mais je prétends aussi qu'il ue m'en coûte rien.

« Vous donner cœur pour cœur serait un avantage Où le plus grand mérite à peine ose aspirer. Voyez ce que je vaux; vous m'offrez votre hommage, Je le souffre, de quoi pouvez-vous murmurer.

« Serait-ce qu'en effet votre amour fût si forte Qu'on la dût estimer digne d'un plus grand prix? Faisons un compte exact, et supputons de sorte Que l'un ni l'autre enfin n'y puisse être surpris.

(i Si ces brûlants désirs, qui vous sont ordinaires. Vous donnent quelque espoir de me nieltre à retour, Croyez-moi, cent soupirs souvent ne pèsent guères. Et n'emportent qu'à peine un demi-grain d'amour.

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C'est l'amour du. vieux temps, il n'est •pVa'^ à la

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