SCÈNE I ORONTE, CLITON
ORONTE
As-tu fait mon message ?
CLITON
Oui, monsieur.
OHONTE.
Et ma lettre.
Aux mains de Dorotée as-tu su la remettre?
CLITON
En inaiu propre.
ORONTE
D'abord elle aura refusé D"y voir peint le tourment que sesyeux m'ont causé. Tu l'auras voulu rendre, et feignant...
CLITON
Au contraire, Sans se faire prier, elle l'a lue entière.
A ce coup le succès a passé mon espoir, Elle ne me hait pas, à ce que je puis voir?
CLITON
Du plus fort de ses traits l'amour pour vous la blesse, Etvous avez, monsieur, plus d'heur que de sagesse.
ORONTE
Je n'espérais pas tant.
CLITON
Dans cet amour nouveau Vous avez vent en poupe, et voguez en pleine eau : Vous pourrez aller loin do l'air dont on vous traite.
ORONTE
Tu sais à quels revers ma fortune est sujette.
CLITON
Voici de quoi guérir une si vaine peur.
ORONTE
Qu'est-ce?
r.LlTON.
Lettre pour lettre, et faveur pour faveur.
ORONTE
Elle m'a fait réponse ?
CLITON
Au moins pour vous la rendre Chez elle assez longtemps elle m'a fait attendre; Et ce billet enfin entre mes mains remis...
ORONTE
Ouvrons, il m'apprendra quel espoir m'est permis. « Pour prix de votre amour que vous peignez exlrè- J'avais écrit en vers, elle répond de même, [me...» Il n'est rien dont sans peine elle ne vienne à bout.
Cr.ITON.
Les femmes d'aujourd'hui mettent le nez partout.
ORONTE m.
«Pour prix de votre amour que vous peignez extrême, Oronte, vous osez me demander le mien; Quelquefois par bouté j'endure que l'on m'aime. Mais je prétends aussi qu'il ue m'en coûte rien.
« Vous donner cœur pour cœur serait un avantage Où le plus grand mérite à peine ose aspirer. Voyez ce que je vaux; vous m'offrez votre hommage, Je le souffre, de quoi pouvez-vous murmurer.
« Serait-ce qu'en effet votre amour fût si forte Qu'on la dût estimer digne d'un plus grand prix? Faisons un compte exact, et supputons de sorte Que l'un ni l'autre enfin n'y puisse être surpris.
(i Si ces brûlants désirs, qui vous sont ordinaires. Vous donnent quelque espoir de me nieltre à retour, Croyez-moi, cent soupirs souvent ne pèsent guères. Et n'emportent qu'à peine un demi-grain d'amour.
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C'est l'amour du. vieux temps, il n'est •pVa'^ à la