L'AMOUR A LA MODE, ACTE III, SCÈNE VI
LISETTE, bas.
Voici bien du ménage, uu autre a pris la place.
ÉRASTE
Trouvant la porte ouverte, et vous oyant parler, A celte aimable voix l'amour m'a fait voler.
DOROTÉE.
Mon père que j'attends la fait tenir ouverte. Retirez-vous, de grâce, ou vous causez ma perte; Il est ici tout proche, et reviendra soudain.
ERASTE
Hélas!
DOROTÉE.
Ail! remettez vos hélas à demain!
ÉRASTE
Quoi, sans compassion!...
DOROTÉE.
Maisjel'aidemoi-même.
Songez-vous que je suis dans un péril extrême? Le temps presse, sortez, qui vous peut arrêter? Vous êtes né, je crois, pour me persécuter. Me regarderez-vous toujours sans me rien dire?
ÉRASTE
Qu'est-ce qu'on ne dit poi Ut lorsque lecœursoupire!
DOROTÉi;.
C'est un triste plaisir d'écouter des soupirs. Quand on en peut prévoir de si grands déplaisirs. Sortez vite, vous dis-je, et vous coulez de sorte Que... Mais il est trop tard, je l'entends à la porte. Il frappe. Hé bien, voyez, que fera-t-on de vous?
ÉRASTE
Je suis prêt, s'il le faut, d'essuyer son courroux.
Que plutôt mille fois...
LISETTE
Pour VOUS tirer de peine.
Jusqu'au fond du jardin souffrez que je le mène ; Là, vous n'en craindrez rien.
DOROTEE.
L'avis est assez bon.
Va, mais ouvre en passant.