‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une noticeChapitre 229 sur 1518 · SCÈNE II FLORAME, ORONTE, CLITON · texte numérisé non relu

SCÈNE II FLORAME, ORONTE, CLITON

ORONTE

Vous voilà satisfait, tout vous a réussi.

FLORAME

Oui, mais ce n'est pas tout d'avoir gagné le frère. Votre secours, ami, m'est encor nécessaire. En vain, j'ai cru secret mon hymen prétendu, Ce bruit pour mon malheur n'est que trop répandu. Et l'aimable Lucie en est persuadée Jusq«^à' crcfffe ma flamme une flamme fardée.

Vous, que noire amitié fait lire dans mon cœur, Voyez ce cher objet, combattez sa rigueur. Chassez de son esprit un soupçon qui m'outrage, Et ne dédaignez pas d'achever votre ouvrage.

ORONTE

Est-ce pour me jouer que vous parlez ainsi? Si vous aimez Lucie, elle vous aime aussi, Vous donner rendez-vous à l'insu <le son frère, C'est de sa passion une preuve assez claire, Et vous osez vous plaindre ? Ah, vous me surprenez!

CLITON, bas.

Lui sait-il finement tirer les vers du nez?

FLORAME. [crime,

Puisque vous rien cacher serait commettre un Sachez que son amour ne passe point l'estime. Et que ce rendez-vous qui me fait croire heureux N'était qu'un trait hardi de mou cœur amoureux. A de telles faveurs bien loin qu'elle consente, J'avais par mes présents suborné sa suivante, Qui, sans qu'elle en sût rien, me devait hier au soir Donner chez elle entrée, et me la faire voir; Et ce fut la raison qui me rendit facile A quitter un dessein plus dangereux qu'utile; En vain sans cet abus vous m'en eussiez pressé.

ORONTE

Je vous croyais sans doute un peu plus avancé; Mais ayant su lever le plus fâcheux obstacle, Nous n'avons pas besoin de consulter l'oracle, La victoire est à nous, et j'ose m'en vanter.

FLORAME

■Vous ayant pour second, j'aurais tort d'en douter ; Cependant son accueil, après l'aveu d'un frère, Me va faire savoir ce qu'il faut (|ue j'espère.

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