‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une noticeChapitre 247 sur 1518 · SCÈNE IX ORONTE, DOROTÉE, LUCIE, CLITON · texte numérisé non relu

SCÈNE IX ORONTE, DOROTÉE, LUCIE, CLITON

LUCIE

La voici ; Rassurez votre esprit, c'est à tort qu'il s'étonne.

CLITO.\.

Voici bien des marchands, la foire sera bonne.

ORONTE

Quels embarras jamais furent moins espérés!

CLITON

Vous avez l'esprit bon, vous vous en tirerez.

LUCIE

Eh bien! perfide amant?

DOROTEE.

Eh bien ! amant volage?

LUCIE

Entre nous, tour à tour, votre cœur se partage?

DOROTÉE.

Trompeur.

I^arjure.

Lâche !

DOROTÉE.

Fourbe.

LUCIE

Ame double et sans foi.

DOROTÉE.

LUCIE

Traître !

LUCIE

Après laul de serments, tant de promesses fausses... CLiTo.\. [ses.

De crainte d'accidents, monsieur, tirons nos chaus- Si la moindre des deux nous sautait au collet, Adieu, ce serait fait du maître et du valet.

DOROTÉK.

Enfin, la vérité, malgré toutes vos feintes...

ORONTE

De grâce, dites-moi le sujet de vos plaintes.

LUCIE

Quoi ! nos plaintes, ingrat, peuvent vous étonner?

CLITON

Parlez, car je n'ai pas le don de deviner.

LUCIE

Nier des trahisons qui sont en évidence, A l'infidélité c'est joindre l'impudence.

ORONTE

Ne me condamnez point sans me dire pourquoi.

DOROTÉE.

Vous ne m'avez pas dit que vous brûliez pour moi, Que votre passion allait jusqu'à l'extrême?

ORONTE

Je vous le dis encor de nouveau, je vous aime.

LUCIE. [fois

Quoil vous l'aimez, parjure, après m'avoir cent Juré (|ue votre cœur se rangeait sous mes lois? Qu'un fort amour pour moi...

ORONTE

Je vous le dis encore.

LUCIE

Vous m'aimez?

ORONTE

Je vous aime.

DOROTÉE.

Et moi?

ORONTE

Je vous adore.

LUCIE

Voyez l'effronterie, à nos yeux, nous jouer!

ORONTE, à Lucie.

Mais vous cherchez en vain à ne pas l'avouer, Vous me connaissez trop pour douter de ma flam- DOROTÉE. [me.

Pourquoi donc m'en conter, si Lucie a votre àme?

ORONTE

Par amour.

DOROTÉE.

Quel amour?

ORONTE

Véritable.

DOROTÉE.

El couimcMl?

ORONTE

ORONTE. j J'uiinc par connaissance, et non aveugieiueiil ;

Est-ce assez déclamé contre moi? Ma raison se rendaul de surprise incapable,

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