SCÈNE V FÉNISE, LAURE
FÉNISE.
Souffrons, je n'ai que trop mérité ma disgrâce. Qu'à ce mépris le duc ait pu s'abandonner !
LAURF,.
Je ne vois point encor de quoi vous étonner.
FÉNISE.
Non, sa façon d'agir est sans doute obligeante?
LAURE
S'il s'est mis dans l'esprit d'aimer celle qui chante, Il nedoit pas trouver grands charmes à vous voir, Lorsque vous lui cachez ce qu'il devrait savoir. Avec quelques appas que le ciel l'ait formée. L'amour fait la beauté de la personne aimée, A votre seule voix le sien est attaché. Et, tant qu'on lui tiendra le mystère caché, [bre. Tous vos attraits pour lui n'auront qu'un éclat som- Et comme l'àme y manque, il n'en verra que l'oni- FÉNisE. [bre.
Eh bien, qu'il continue à s'aveugler ainsi ; S'il est capricieux, je le veux être aussi; Et de ce que je suis il n'aura connaissance. Qu'en cessant de me voir avec indifférence. Aussi bien de mon cœur l'espoir ambitieux. Pour arrêter le sien, doit éblouir ses yeux ; Et, sans un fort amour, ce n'est qu'une faiblesse De croire qu'il rompra l'hymen de la duchesse.