SCÈNE VIII LA DUCHESSE, C.VULOS, C.\MILE
Ah, dieux!
CAMILE.
Il est mal sur de compter sans son hôte.
CARLOS
Il la veut épouser, Camile!
CAMILE.
Est-ce ma faute?
CARLOS
0 malheur!
LA DUCHESSE
Quoi, Carlos, je l'entends soupirer.
Quand par l'aveu du duc tu peux tout espérer?
CARLOS
Si VOUS me condamnez lorsque mon cœur soupire, Que m'a-t-il dit, madame, ou qu'osez-vous me dire?
LA DUCHESSE
Va, sans t'inquiéter, apprends par quelle erreur 11 m'adresse des vœux qu'il forme pour ta sœur, Et qu'épris de sa voix, dont la douceur l'appelle. Il croit aimer en moi ce qui le charme en elle. Mais puisqu'à ton amour il a pu consentir, Ne perdouspoint de temps, et songeons à partir. Quoique par ses mépris je me sente outragée, M'en étant fait aimer, je suis assez vengée; Et ma beauté du moins s'applaudit en secret De l'avoir mis au point de me perdre à regret.
CARLOS
' Ah! Que m'apprenez-vous?
Cette froideur m'étonne :
Parle enfin, que faut-il, Carlos, quej'en soupçonne?
CARLOS
Que le sort qui se plait à me tyranniser M'offre en vain un bonheur que je dois refuser.
LA DUCHESSE
C'est donc ce que de toi, pour l'avoir osé croire. Mon amour...
CAULOS.
Ah ! madame, il fait toute ma gloire; Mais aussi, s'il fut trop pour le peu que je vaux. Je puis dire qu'il fait le plus grand de mes maux. Carlorsqucparle temps l'amour ne peut s'éteindre, Si le manque d'espoir rend un amant à plaindre. Jugez dans quelle horreur il se voit abimé, A céder cet espoir quand il se voit aimé.
LA DUCHESSE
Quoi, tu cèdes le tien?
CARLOS
Ma peine en est extrènie ; Mais je dois tout au duc, et je vois qu'il vous aime.
LA DUCHESSE
S'il méprend pour Fénise,il u'aime qu'elle en moi.