SCENE X
LE DUC, LA DUCHESSE, CAlîLOS, FÉMSE, FÈDÊRIC, LAURE, FABRICE, CAMILE.
FÉDÉRIC
Quel chagrin importun de nouveau vous possède? Seigneur, vous paraissez l'esprit tout inquiet.
LE DUC
J'ai quelque lieu de l'être, et le suis en elTet. Pour payer votre foi, dont partout l'éclat brille. Je m'étais engagé d'épouser votre fille. Mais sorti d'une erreur qu'à la fin je connoi. Il ne m'est plus permis de disposer de moi. Vous savez, Fédéric, que tout Milan me presse D'étouffer ses malheurs, épousant la duchesse; Et puisqu'il est ainsi, ce serait le trahir. Qu'à la loi qu'il m'en fait refuser d'obéir.
FÉDÉRIC
Oui, seigneur; et tantôt si j'ai pu pour Fénise, De votre amour séduit approuver l'entreprise, Apprenez que déjà de votre erreur instruit Mon cœur à la duchesse en assurait le fruit. En vain pour mes enfants le sang me sollicite, Pour ébranler ma foi sa force est trop petite ; Et je ne me souviens de ce que je leur doi, Qu'après que mon pays n'attend plus rien de moi. Ainsi, sans balancer, épousez la duchesse, Qu'aujourd'hui de Milan elle soit la maîtresse. Rendez cette justice à l'éclat de son sang, A celui qu'elle en lient joignez ce nouveau rang. Je le verrai sans peine, et je fais davantage Si j'ose l'assurer par mon premier hommage. Recevez-le, madame, et soulfrcz qu'à genoux...
Qu'est ceci, Fédéric? 0 ciel! Que faites-vous?
FÉDÉRIC
Ce que d'un bon sujet vous avez droit d'attendre.
CARLOS
Jevoisdanscediscourscc qui peut voussurprendre; Mais, seigneur, si d'abord vous m'eussiez écoulé, H n'aurait ou pour vous aucune obscurité, Et vous auriez déjà connu par quelle adresse, Où vous croyez ma sœur, vous voyez la duchesse.
LE DUC
La duchesse?
LA DUCHESSE
Oui, c'est moi, vous endoutezen vain.
LE DUC
0 dieux!
FABRICE
Il va crier, ô dieux, jusqu'à demain.
LE DUC, à la duchesse.
Pardonnez mon silence à ma juste surprise : Mais si l'on m'a dit vrai, qui peut être Fénise?
FÉXISE.
Dans un pareil succès à votre espoir si doux. Si vous saviez aimer, le demanderiez-vous?
LE DUC
Quoi, c'est donc vous, madame? 0 bonheur! 0
LA DUCHESSE, a« d«c. [miraclc!
A l'amour de Carlos voudrez-vous mettre obstacle?
LE DUC, à la duchesse.
Puis-je assez m'cxcuser, madame...
FABRICE, montranl l'assemblée.
Arrêtez là; Laissez ce monde en paix puisque vous y voilà, L'éclaircir plus avant serait pure sottise. ■Voit-il pas que le duc épousera Fénise, La duchesse, Carlos; et si le cœur m'en dit. Qu'avec Laure demain je ne ferai qu'un lit? A quoi bou l'étourdir de vos <• Qui l'eût pu croire! C'était vous qui chantiez: Que j'ai d'heur et de gloi- Tout cela, c'est fadaise ; ainsi jusqu'au revoir, [re! » Sans autre compliment donnons-lui le bonsoir.