‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une noticeChapitre 329 sur 1518 · J.\CI.\TE · texte numérisé non relu

J.\CI.\TE

Et moi, don Lope, et moi. ne le saurai-je pas? Quoi, dans ce haut dessein où la vertu m'engage, Eslimez-vous si peu mou propre témoignage; Et ne suffit-il pas pour m'en faire une loi. Que mon cœur en secret dépose contre moi? Quoiqu'on cherche l'estime avec des soins extrè- Des belles actions le prix est en nous-mêmes ; [mes. Ce charme intérieur qui nous fait émouvoir. Est le plus doux encens qu'on puisse recevoir. Sans que nous dépendions de ce qu'on ose croire. C'est par nous que s'achève ou détruit notre gloire : Et l'éclat du dehors a peine à l'agrandir. Quand pour nous le dedans refuse d'applaudir, l'n cœur qui d'un grand cœur aspire à l'avantage. Doit s'oser dire lel par son propre suffrage, S'en répondre à soi-même, et sur un tel appui S'abandonner sans crainte à ce qu'on croit de lui.

D. LOPE

Où me vas-tu réduire, ô vertu trop austère!

JACINTE

Mais vous êtes encor l'ennemi de mon père; On vous accuse enfin, convainquez l'imposteui-. Et de noire disgrâce allez chercher l'auteur; Montrez-vous innocent en le faisant connaître.

D. LOPE. [tre,

Quoi, c'est aussi par moi que son bonheur doit naî- Par moi, qui découvrant son crime aux yeux de tous. Lui cède mon espoir, et le fais votre époux? Et vous m'osez charger de cet emploi funeste?

JACIXÏE.

Faisons notre devoir, le ciel fera le reste.

D. LOPE

Il faut vous obéir; mais sou venez- vous bien

Que ce lâche connu, je ne connais plus rien,

Et qu'à quoi que pour vous le respect me convie.

Son bonheur est mal sur s'il me laisse la vie. .Vdieu.

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