LOI'K
Avec peu de raison vous soupçonnez ma foi ; Et, s'il faut éclaircir le sujet de ma peine, J'ai reçu rendez-vous, et c'est ce qui me gônc.
D. ALVAB.
La faveur vous déplaît?
D. LOPE
J'aime et je suis aimé, Mais un père fâcheux tient mon cœur alarme; Et, contre mon espoir, celte faveur oflerle Est moins faveur pour moi que l'arrôtde ma perle. Il me hait, et la fille attendant son aveu. D'une vertu si flère accompagne sou feu, Que je n'en dois prévoir qu'une atteinte mortelle, Puisqu'elle se dispense à m'appeler chez elle. Ainsi, de ce vieillard redoutant le courroux. J'accepte avec chagrin un pareil rendez-vous ; Non, parce qu'au malheur dont ma flamme est Si j'y suis découvert, il y va de ma vie, [suivie. Mais parce que surpris dans un tel entretien, Tout mon sang exposé n'assure pas le sien. [dre. Mais je vous quitte enfin, c'est trop la faire atlen-
D. AI.VAn.
Je vous escorterai.
Vous ■?
D. ALVAR
Quoi, VOUS en défendre!
Craignez-vous que ce bras ne vous manque au D. LOPE. [besoin?
Un amour si secret fuit un nouveau témoin; Et je dois ce respect à l'objet de ma flamme. De...
D. ALVAR
Vous abandonner, c'est me couvrirde blànic ; Et mon cœurestpour vous injusleau dernierpoint, S'il vous souffre un jiéril qu'il ne partage point. Non, non, je vous suivrai.
D. LOPE
Vous ne prenez pas garde A ce qu'en ce projet votre amitié hasarde; Et que dans ma disgrâce oser vous engager. C'est vous mettre en état de ne vous point venger. Que devient cette ardeur d'effacer voire injure?
D. ALVAR
Sur l'occasion seule un grand coeur se mesure. Allons, nousperdonstemps.
D. LOPE
Mais...
D. ALVAR
C'est trop contester.
Sachant ce que je sais, je ne puis vous quilter. Surtout, je suis discret.
Je n'ai plus rien à dire; Mais je vous devrai tout, et mon cœur en soupire, Puisqu'aprèscet accord que l'honneur rendpermis. Ce môme honneur nous force il cesser d'être amis.
I D. ALVAR
j Ne songeons maintenant qu'à ce qui vuus importe.
D. LOPE
Nous n'irons pas bien loin; voyez d'ici la porle, J'v dois être attendu.
SCEiNE V D. LUl'E, D. ALVAH, BLANCHE.
D. LOPE
Blanche.
BLANCHE
Entrez, et sans bruit, Depeurquc... Mais que vois-je?
D. LOPE
Unami qui mesuit; Ne crains rien, sa vertu dans mon sort l'inléresse.
BLANCHE
Vous me perdez, monsieur. Que dira ma maîtresse?
D. LOPE
Va, je t'excuserai, n'en sois point en soucie Ami, j'en use mal de vous laisser ici Seul, denuiljSansclarté; mais...
D. ALVAK.
Cette excuse est vaine.
Un désir curieux n'est pas ce qui m'amène. Je vous attends, allez, et ne m'oubliez pas Si vous avez besoin du secours de mon bras.
BLAKCHE, a V. Lope.
La chambre où je vous mène ayant double sortie. Contre toute surprise assure la partie; D'ailleurs, l'appartement est assez reculé.