‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une noticeChapitre 355 sur 1518 · SCENE VU D. S.V.NCIIE, I). ALVAll · texte numérisé non relu

SCENE VU D. S.V.NCIIE, I). ALVAll

D. SANCHE

l'n bruit sourd vers la porte cntemlii , Dans l'allciite d'un fils à mes souhaits si chère... Mais ne le vois-je pas"? Ah, mon lils!

D. ALV.^B.

Ah, mon père!

D. SANCHE

Je puis donc te revoir?

D. ALVAR

C'est donc vous que je vol?

D. SANXHE.

Ah, qu'avecquc raison tu doutes si c'est moi ! Dans l'affront que je pleure, et qui me désespère. Tu peux, tu peux, mon fils, méconnaître ton père. La rougeur de mon front t'empêche d'y trouver Ces traits que la nature y sut jadis graver; Tulescherchesen vain : mais,sùrdema vengeance, Si je dois aujourd'hui l'expliquer mon offense, j'ai l'avantage au moins qu'en ton ressentiment Tu n'auras de ma honte à rougir qu'un moment.

D. AI.VAB.

Ce moment est trop long; hàtez-vous de m'apprendrc Quel sang, pour l'effacer, il faut aller répandre.

D. SANCHE

Te dirai-je, mon fils, que l'affront est si bas, Qu'il serait trop vengé s'il l'était par ton bras? Pour un Iciche ennemi, capable de surprise, La générosité n'est pas même permise.

Ne t'inquiète point de mon honneur perdu ; S'il lui faut une vie, ou m'en a répondu. Il périra, le traître.

D. ALVAR

Ah! Que voulez-vous faire?

D. SANCHE

Te remettre en état de m'avouer pour père.

D. AI.VAR

Me réservcriez-vous à cette lâcheté, De souffrir...

D. SANCHE

11 aura ce qu'il a mérité.

Oùl'offense est indigne, et basse, et lâche, et noire. Tout ce qui la répare est toujours plein de gloire ; Fer, poison, tout est beau quand il n'est point dou-

[teux ; El, pourvu qu'on se venge, il n'est rien de honteux.

D. ALVAR

Expliquez-vous enfin, et sachons cette offense.

n. SANCHE. [pense;

Elleest... Ah! Tout mon sang en frémit quand j'y Il se trouble, il s'indigne au nom de l'offenseur; Si tu le veux savoir, apprends-le de ta sœur.

]). ALVAlî.

Où courez-vous, mon pen:?

D. SANCHE

1 11 faut (|ue je l'appelle.

D. ALVAll.

Pensez-vous...

D. SANCHE

Oui, mon fils, tu sauras mieux fout d'elle.

D. ALVAn.

Peut-être...

D. SANCHE

Je l'amène ici dans un moment.

D. ALVAR, seul.

Puis-je encor me connaître en cet événement? Don Lope aime ma sœur, et moi-même, à ma honte, J'assure un rendez-vous au feu qui le surmonte. Ah, suivons... Mais, hélas! ne précipitons rien. S'il offense mon sang, j'ai répandu le sien ; Et lorsqu'avecque lui ma parole m'engage, Consentir à sa perte est manquer de courage : Et puis, si ce point seul nous rendait ennemis, Que lui puis-je imputer que je n'ai point commis? 11 brille ])0ur Jacinte, et j'adore Cassandre. Mais qu'il tarde à venir! L'aurait-on pu surprendre? Sij'ai bien entendu, d'un et d'autre côté Un passage au besoin le met en sûreté : Puisqu'il peut s'échapper, quel obstacle l'arrête ?

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