‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une noticeChapitre 409 sur 1518 · SCÈNE III FÉDÉRIC, LAURE, JULIE · texte numérisé non relu

SCÈNE III FÉDÉRIC, LAURE, JULIE

LAURE

Votre félicité doit être sans égale.

Pour vous entretenir je chasse une rivale; Mais ce n'est toutefois qu'en subissant la loi Qui m'oblige à parler pour elle contre moi. Isabelle vous aime.

FÉDÉRIC

Et plût au ciel, madame.

Qu'elle fît seule obstacle au succès de ma flamme! Je ne me verrais pas dans la nécessité De chercher dans la feinte un peu de sûreté.

LAURE

Son amour la soupçonne, et m'a fait trop paraître Qu'elle ne vous croit pas ce que vous feignez d'être.

FÉDÉRIC

C'est par là que le ciel traverse mes desseins ; Ce soupçon dans son âme est tout ce que je crains; Car vous m'avez appris que le roi veut ma perte.

LAURE

Oui, prince, il en prendrait l'occasion offerte. Ne hasardez donc plus un sang si précieux. Et, sans vous découvrir, quittez ces tristes lieux. Par votre éloignement...

FÉDÉRIC

Éloignement funeste, , Qui détruirait soudain tout l'espoir qui me reste : I Non, non, puisqu'un brutal répond ici pour moi,

Voyons ce qui suivra ce feint aveu du roi.

Du moins si la raison ne peut borner sa haine,

La douceur de vous voir soulagera ma peine.

LAURE

Et notre prisonnier?

FÉDÉRIC

Il m'envoyait savoir Si vous ne brûliez pas du désir de le voir. Après mon ambassade, il est sans défiance; Et sa crédulité... mais lui-môme s'avance.

Page 1