‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une noticeChapitre 419 sur 1518 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

LE ROI, ISABELLE, FLORE, SAISCHE, suite.

LE noi.

Princesse, le ciel sait que de votre infortune Avec vous aujourd'hui la douleur m'est commune. Rodolphe m'était cher, et j'avais prétendu Que le sang satisfit à son sang répandu ; Mais si sa triste mort me pousse à la vengeance, Le péril de l'État m'en met dans l'impuissance ; I Et mon peuple alarmé semble me condamner ] A recevoir les lois que je pensais donner.

j Sire, quoi que je doive à l'intérêt d'un frère, Je dois plus à mon roi, seul je le considère ;

Et croirais de ma gloire obscurcir tout l'éclat, Refusant mon injure au bien de son État.

LE iioi.

iNon, je n'accepte point la paix qui m'est oITortc, .V moius que Fédéric répare votre perte. Il le |)eut, il le doit ; mais le dédiriez-vous. Si vous ôtant un frère, il vous rend un époux? Quoique son attentat mérite votre haine. Son aigreur doit céder à l'espoir d'être reine: Et l'hymen qui vous porte à cet illustre rang, EfTace votre injure au défaut de son sang.

Quand j'aurais fait paraître une àme assez légère Pour faire mon époux de l'assassin d'un frère. Quand mon cœurdevicndraitassez lâche, assezbas, L'intérêt de l'État ne le soufl'rirait pas. Assez et trop longtemps une funeste guerre Par de longues horreurs désole cette terre; Il est temps que la paix, étoufJ'ant vos discords, Étale dans ces lieux ses plus charmants trésors; Maispourne craindre plusqu'auciin trouble renais- II faut que Fédéricépouselapriiicesse, [se,

Et que par cet hymen vos deux sceptres unis Rendent cette paix ferme, et tous nos maux finis.

LE ROI

Cependant la Sicile aurait cet avantage D'avoir porté sur vous les effets de sa rage ; Et quand il faut conclure un accord glorieux. Sur ce qu'elle vous doit je fermerais les yeux?

Enfin si vous jugez que pour y satisfaire, Elle me doive rendre un époux pour un frère, Si le traité de paix me force à l'accepter. L'infant seul est celui que je puisse écouter.

LE UOI.'

L'infant ! Quelle raison à ce choix vous engage?

Vous pourrez de lui-même en savoir davantage, Pour servir Fédéric il cache sa grandeur, Et vous le trouverez dans son ambassadeur, J'en ai trop dit peut-être, et ma rougeur me chasse.

{Ellerciilrc.) LE BOI, à Saiiche.

Admire où me réduit ma nouvelle disgrâce. Lorsqueje pense rompreun hymen que je crains, Un obstacle imprévu s'oppose à mes desseins, J'en vois par cet aveu le projet inutile.

LE ROI, EiNRlQUE, S.4.NCHE, suite.

ENRIQUE

Sire, un ambassadeur au nom de la Sicile..

LE ROI, « Sanclie.

Son abord en rendra le secret éclairci ; Allez le recevoir, nous l'attendrons ici.

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