‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une noticeChapitre 447 sur 1518 · L.^ REINE · texte numérisé non relu

L.^ REINE

Non, sa prison est sûre, et je crains peu sa fuite ; Mais d'un combat funeste ignores-tu la suite?

ÉRIPHII.E.

Je n'ai rien su de plus.

Là. REIXE.

Lis dans mon désespoir Ce qu'on me laisse encore à te faire savoir. Et tâche à m'épargner la douleur de te dire Que le ciel contre nous pour un tyran conspire. D'abord Trasile pris semblait nous assurer De tout ce que ma haine avait droit d'espérer. Les siens que cette prise avait remplis d'alarmes. Ne s'offraient qu'en désordre à soutenir nos armes, Quand, pour chasser l'effroi dans leur parti semé, Timocrate parait superbement armé.

La visière abaissée, il exhorte, il commande, La nouvelle en est sue et la joie en est grande ; Les hauts cris que les siens en poussent jusqu'aux [ Sont de notre malheur le présage odieux. [ci eux Nos princes pour voler où l'amour les engage, Quittent imprudemment leur premier avantage; Et courant attaquer cet ennemi nouveau, Cresphonte le premier accroche sou vaisseau, Il saute dans son bord; figure-toi le reste. Il s'y donne un combat et sanglant et funeste. Soudain Léontidas, jaloux de sou bonheur, Brûle d'en partager le péril et l'honneur.

Mais il ne peut sitôt contenter son envie

Qu'il ne trouve déjà que Cresphonte est sans vie.

ÉRlPHILE.

11 est iiKirt ?

LA REIN'Ë

Oui, ma fille; et, pour comble de mau.x, Même sort attendait deux illustres rivaux, Léontidas n'est plus.

ÉRlPHILE.

Que dites-vous, madame?

LA REIXE.

Tous deux par Timocrate ont vu couper leur trame;

Et ce fier ennemi triomphe injustement

De toute la fureur de mon ressentiment;

Vois dans un tel destin ce qui nous reste à craindre.

ÉRlPHILE.

Et pour eux et pour nous il est sans doute à plaindre: Mais achevez, de grâce; après un tel malheur, Tous les nôtres, madame, ont-ils manqué de cœur ? Laissent-ils sans obstacle échapper la victoire?

LA REINE

Nicandre avec éciat en dispute la gloire. Et contre Timocrate il emploie à son tour [mour ; Ce qu'inspire aux grands cœurs et l'honneuret l'a- Mais comme sur lui seul tout l'éclat se repose, Son péril de mou trouble est la plus juste cause. Outre qu'à ces sujets et d'alarme et d'effroi, Cléomène... Mais, dieux! Est-ce Arcas que je voi?

SCÈiXE IV LA REINE, ÉRlPHILE, ARCAS, DORIDE, CLÉONE.

LA REINE

Eh bien, Arcas vient-il, après tant de disgrâces. Nous expliquer du sort les dernières menaces?

ARC A s.

Madame, plùtauciel qu'au prix de tout mon sang...

LA REINE

La pitié fait outrage à celles de mon rang. Pai'Ie, c'est trop tenir mon àme suspendue; Ne me déguise rien, la bataille est perdue?

ARCAS

Oui, madame, et jamais les destins conjurés Avec tant de fureur ne se sont déclarés. Contre nous Timocrate a paru comme un foudre, Qui renverse, qui brise, et réduit tout en poudre ; Toussons ses moindres coupssonttombés sans ef- Etpeude nos vaisseauxont regagné le port, [fort,

ÉRlPHILE.

Ah! Cléone.

LA REINE

Gardez de rien faire paraître Qui démente le sang dont on vous a vue naître; Et refusant votre âme à des soupirs trop bas. Si le sort vous trahit, ne vous trahissez pas. .\quoiquesarigueur contre nouspuisseatteindre, C'est la justifier que de s'en oser plaindre, Et d'un trône où la gloire a toujours éclaté,

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