SCÈNE I MARCIA, LUCIE
MAIiCIA.
En vain de sa vertu la sévère maxime Trouve de mon espoir l'appas illégitime, Et lient le diadème un objet de mépris. Quand l'hymen d'un tyran en doit être le prix. Je sais qu'un naturel l'arouche et peu traitable De cent proscriptions rend Commode coupable; Mais tant de cruautés indignes d'un beau sang, Déshonorant son nom, n'abaissent pas son rang; Et quoique leur excès mérite le tonnerre. Il demeure toujours le maître de la terre. Dans le brillant éclat de cette dignité Souffrons à ses forfaits un peu d'obscurité; Et ne voyons en lui que la gloire d'un titre Qui de tout l'univers nous peut rendre l'arbitre. J'aime d'un si bt'au feu les pressantes ardeurs; Et c'est là proprement la marque des grands cœurs.
LUCIE
Elle est noble, elle est haute, etje doute qu'Helvie Ne la condamne en vous par un motif d'envie; La cour que sa fierté s'obstine à dédaigner, La pourrait voir sensible à l'espoir de régner, bans toute sa vertu son humeur est allière ; El, s'il faut vous ouvrir mon àme tout entière.