L.€TUS, seul
Sous quels plus rudes coups ma constance étonoée Peut-elle au désespoir se voir abandonnée? Ce n'est donc pas assez qu'un choix injurieux. Jette sur mes désirs un joug impérieux, C'est peu de la contrainte où sa rigueur m'engage, 1 Du plus cruel destin il faut souffrir l'outrage, Et me voir condamné par un ordre fatal A mettre ce que j'aime au pouvoir d'un rival. 0 Commode ! 0 tyran, dont la faveur m'accable. Qui pour trop m'estinierrendsmon sortdéplorable. Pourquoi, lorsque chacun gémit sous tes forfaits, N'es-tu tyran sur moi qu'à force de bienfaits? Me promettre ta sœur, m'offrir ta confidence. C'est arrêter mon bras, corrompre ma vengeance. Que ne me laisses-tu le droit de te ha'i'r? Que ne me laisses-tu le di'oit de te trahir. Et de m'autoriser à chercher dans tes veines La liberté de Rome, et la fin de mes peines? Je vois Helvie, ô dieux! Par quel funeste sort Pourrai-je la porter à résoudre ma mort?