‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une noticeChapitre 551 sur 1518 · LA MORT DE L'EMPEREUR COMMODE, ACTE IV, SCÈNE IIL · texte numérisé non relu

LA MORT DE L'EMPEREUR COMMODE, ACTE IV, SCÈNE IIL

Et fais ce que ces dieux t'ont ordonne de faire, l'our voir si leur respect règle tes actions, Jette un moment les yeux sur les proscriptions. Vois de là sous ton nom tes provinces pillées, De leur premier éclat tristement dépouillées. Servir d'injuste proie à qui, pour s'enrichir, Dans d'infâmes emplois no craint point de blanchir; Vois-y, vois-y partout ce funeste ravage Qu'exercent d'autre part l'avarice et la rage, Lorsque de ton pouvoir leurs tyrans revêtus. Se font de tes forfaits d'éclatantes vertus; lit que, pour t'imiter dans tes noires maximes. Regardant tes sujets comme autant de victimes. Ces demi-souverains par de lâches rigueurs, S'en immolant les biens, t'en dérobent les cœurs.

COMMODE

Ta haine h tort sur moi par là s'ose répandre. Si le désordre est tel, me le vient-on apprendre"? Me vient-on expliquer ces secrets attentats?

HELVIE.

Et qui les doit savoir si lu ne les sais pas? Le ciel t'a-t-il commis la puissance suprême Pour la voir confiée à d'autres qu'à toi-même; Et quand sur tes agents tu fais tomber son poids, Dois-tu pas à l'État répondre de leur choix? As-tu dioit d'oublier qu'un conseil infidèle Peut souvent éblouir, ou surprendre leur zèle, El qu'en eux, comme en toi, dans les moindres

[projets L'ignorance ou l'erreur ne s'excusent jamais? Mais quand juste en ses mœurs et grand en saper-

[sonne Un princeà l'une ou l'aulreenton rangs'abandon- Deson peuple du moins, par ce mallieur trahi, [ne, Il est plaint en secret, et n'en est point haï; Mais ces destructions de provinces entières. Sont de tes volontés les expresses matières. Rome ne souffre rien d'affreux ni de sanglant. Qui n'ait de toi l'appui d'un ordre violent; Et dans les cruautés qui font qu'on t'y déteste. Cette main qu'à tes jours je crus rendre funeste, Ne faisait qu'usurper, à punir tes forfaits, L'office de ce foudre à qui tu me remets.

COMMODE

Je t'ai laissé vomir ta rage la plus noire

Pour chasser de mon cœur l'opprobre de ma gloire.

Un reste de tendresse à qui prêt à céder

Ce cœur, ce lâche cœur osait trop accorder.

Dis que ma cruauté, dis que ma barbarie

Réveillent dans le lien l'amour de la patrie,

El qu'eu moi ]iar un zèle et sincère et parfait,

Tu lui sacrifiais le tyran qu'elle hait.

Malgré toi mon soupçon à mes regards expose

D'un dessein avorté la criminelle cause.

Puisque si ta fureur n'eût que pour Rome osé,

Pour exécuter mieux tu m'aurais épousé;

Et, sans rien hasarder, au gré de ton envie.

Choisi l'occasion de t'imnioler ma vie.

HEI.VIE

Tu m'offenses, Commode, à vouloir comme toi Qu'Helvie en ses projets n'ait ni vertu ni foi. Ce coup qui de tes jours devait finir la trame, Aurais-je pu l'oser, si j'eusse été ta femme, Et permettre à l'ardeur d'un illustre courroux. Dans des nœuds si sacrés, la haine d'un époux? D'une belle entreprise où la gloire me guide, L'hymen que lu pressais eût fait un parricide; Et c'est pour un tyran un trop glorieux sort. Lorsqu'il en coule un crime à qui résout sa mort.

CO.M.MODE

Tu crois ne pouvoir mieux cacher ce qui t'engage. Qu'en entassant toujours outrage sur outrage, Et qu'ils m'empêcheront d'aller jusqu'en ton sein Percer le vrai motif qui vient d'armer ta main? Quelque fière vertu dont tu fasses la vaine, L'amourpeut sur ton cœurencorplusque la haine. Lui seul a fait ton crime; et, contre ton espoir. Voici de qui peut-être on le pourra savoir.

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