L.ETIS
En vain pour attirer tout le crime sur elle. Elle oll're mes conseils pour garants de mon zèle. S'ils étaient d'obéir, c'était pour m'assurcr La gloire d'une mort que j'avais su jurer; Mais d'un transport secret n'ayant pu me défendre. L'effet vous montre assez qu'elle a bien su l'enten- Et si son entreprise a pu le prévenir, [dre,
En étant seul la cause, on m'en doit seul punir.
COMMODE
Ab ! Je l'avais bien vu qu'eu cette âme inhumaine 11 fallait que l'amour appuyât tant de baiue. 0 criminelle ardeur, dont le honteux dessein Arme Helvie et Lœtus contre leur souverain ! Dans un tel attentat qn'ai-OTplus à connaître"? L'un est déjà coupable, ruft'autre le veut être. Et tous deux à l'envi, pwir suprême bonheur, Du plus noir des forfaits se disputent l'honneur. Celait là cette gloire et brillante cl solide. Ingrate, de m'oser préférer un pcrlide.
Lu traître, à qui mon cœur servant partout d'appui N'a pu donner pour moi ce qu'il a pris pour lui? Va, n'appréhende plus que mon âme aveuglée Te demande une foi lâchement violée, T'aimer était un crime indigne de mon rang ; Et pour m'en voir punir j'abandonne mou sang. Ose, ose le verser, je n'y mets plus d'obstacle. Donne-toi la douceur d'un si charmant spectacle. Mets, en perçant mon sein, ton entreprise à boul ; Eu l'état où je suis je t'avouerai de tout.
SCÈtNE IV
COMMODE, MARCIA, HELVIE, L.ETUS, FLAVI.\N, LLCIE.
MARCU.
Je ne viens point ici presser votre clémence
De combattre l'ardeur d'une juste vengeance,
Et de se signaler par le pompeux éclat
Qui suivrait le pardon d'un indigne attentat.
Je viens, seigneur, je viens pour nouvelle victime
Offrir à l'expier tout le sang qui m'anime.
Et réparer par là, puisqu'il est résolu.
Le coupable malheur de vous avoir déplu.
Il est juste, et la cause en vain m'en est suspecte.
C'est un ordre du ciel qu'il faut que je respecte,
Lui qui des souverains prend toujours l'intérêt,
Me souffrant votre haine, en a donné l'arrêt.
Sans voir, sans pénétrer qui me l'a suscitée,
L'avoir pn ressentir, c'est l'avoir méritée ; Et je tiendrai mon sort et glorieux et doux. Si comme j'ai vécu je puis mourir pour vous.
i:oMMonK.
Ou'avec tant de fureur, qu'avec tant d'insolence, L'orgueil à me braver hautement se dispense, (Ju'après mille bienfaits un traître... Ah, justes
[dieux !
Leur crime sans horreur ne peut frapper mes yeux. L'enfer n'a point de peine assez forte, assez rude... Mais d'un transport aveugle où va la promptitude? Quoi que ce couple ingrat ait fait, ait projeté, Je suis le seul coupable, et j'ai tout mérité.
(A llaicia.)
Oui, madame, c'est moi dont l'ardeur infidèle, Pour venger votre injure a corrompu leur zèle: Et je me plains à tort qu'animés contre moi Ils suivent mon exemple à me manquer de foi.
MAUCI.4.
La foi des souverains est d'une autre nature, lis la donnent par grâce, et l'ôtent sans injure ; Et, malgré mon espoir, vous avez pu, seigneur...
CO.MMODE.
.Non, j'ai trop cru, madame, un amour suborneur.
Je rougis que son charme ait surpris mon courage,
Il noircissait ma gloire en vous faisant outrage ;
Rt ce n'est pas assez pour en purger mon choix
De vouloir m'acquittcr de ce que je vous dois.
D'une coupable sœur à ma perte obstinée
Il faut à votre sort donner la destinée.
Lœtus de ses appas n'a pu se garantir.
Ils veulent être unis, il faut y consentir.
Je vous les abandonne, et dans ce sacrifice
Ne remets qu'à demain à vous rendre justice.
Le trouble où ce succès m'a su précipiter.
Pour calmer ses transports me force à vous i[uitter;
.Mais j'atteste les dieux que rien n'est plus capable
D'altérer de ce cœur le décret immuable.
Et que l'effet demain justifiant ma foi.
Vous serez hors d'état de vous plaindre de moi.
MARCIA
.Vh! Souffrez qu'à vos pieds, seigneur...