SCÈNE VII MARCIA, HELVIE, FLAVIAN, JULIE
MARCIA
Venez-vous, Flavian, achever notre joie?
Le tyran est-il mort '?
FLAVI.\N
Oui, madame, et sa main A du salut de Rome avancé le dessein.
Voyant que du poison l'extrême violence L'avait de rien tenter réduit à l'impuissance, Nous l'avions sur un lit, malgré ses vains efforts. Abandonné sans crainte à ses derniers transports; Quand, par le désespoir ses forces ramassées, Lui soutirant d'expliquerl'horreur de ses pensées: «Dieux, dontl'étre n'estdùqu'ànotre folle erreur », A-t-il dit d'une voix qu'animait la fureur, «Vains dieux, aveugles dieux, dont la jalouse envie Destinait le poison pour la fin de ma vie. Malgré vous jusqu'au bout je réglerai mon sort. Et vous démentirai jusqu'au choix de ma mort. » Là, saisi d'un poignard, sa rage impatiente Presse à coups redoublésla mort qu'il voit trop lente; Et goûte au moins ce bien , s'il se perce le flanc. Qu'au moment qu'il expire il voit couler du sang.
HELVIE.
0 nobles mouvements d'un cœur né pour l'empire. Avec Commode enfin la tyrannie expire.
Et le coup glorieux qui nous tire des fers. Finissant nos malheurs, affranchit l'univers.
MARCIA
S'il voit l'heureuse fin de son triste esclavage. C'est k Flavian seul qu'il doit cet avantage; Seul du salut public il s'est fait le soutien.
FLAVIAX.
A faire ce qu'on doit on ne mérite rien ;
Et la moindre vertu, dans toutes ses maximes.
Établit le refus de commettre des crimes.
MAUCIA.
Quand la faveur d'un prince en doitètrele prix... Mais par tout lepalais d'où viennent ceslongs cris?
HRLViE.
Doutez-vous que déjà cette mort ne soit sue?
MARr.I\.
Nous allons donc savoir comment elle est reçue. Je vois venir Julie.