SCÈNE III
D. DIÈGUE, D. JUAN, ISABELLE, LÉONOR, D. FERNAND, BÉATRLX, JACLNÏE, GUZMAN.
D. DIÈGUE, à D. Juan.
D'où naît ce changement, si vous m'avez dit vrai? J'aperçois don Fernand.
D. FERNAND, à D. Diégue.
Ah! Monsieur.
LÉOXOU.
Ah! Mon père, De ma témérité vous serez en colère; 1 Mais quand vous apprendrez...
I D. DIÈGUE
! Je vois que tu rougis
I D'avoir reçu sans moi don Fernand de Solis; Mais le litre d'époux qu'il a droit de prétendre, SouH're la liberté que nous te voyons prendre.
Sans doute (|u'à les vœux mon choix a répondu?
l.ÉOXOR, à Jnciiile, Don Fernand de Solis! Ai-je bien entendu?
U. FEHXANI).
L'inconnue est sa fille? Ali! (;u/nKin, quelle gloire!
D. DIÈGUE
Si ton bonheur est tel que j'ai lieu de le croire, H faut que je te loue, au moins, d'avoir eu soin Que l'aimable Isabelle en pût être témoin.
Coniuiepour Léonor une forte tendresse Toujours dans son destin veut que je m'intéresse. Le choix de don Fernand ne peut que m'êlre cher, S'il est digne du cœur qu'il tâche de loucher.
D. FERXAND.
C'est dont je n'ose encor me souffrir l'espérance. Et ce doute cruel me réduit au silence. Madame, quoiqu'un père autorise mes vœux, Son aveu sans le vôtre en vain me rend heureux, Mon cœur ne reconnaît que votre seul empire. Parlez, expliquez-vous.
LEOXOR.
Je l'ai déjià su dire ; Mon père ayant des droits que je ne puis trahir. S'il a choisi pour moi, je ne sais qu'obéir.
D. JUAX.
Ainsi par cet aveu votre soupçon s'efface ; Mais de don Dionis obtiendrons-nous la grâce? Madame...
C'est assez. Votre jeu concerté N'a pas surpris en moi trop de crédulité.
D. DIÈGUE, a Isabelle.
Enfin, dans le bonheur qu'ici le ciel m'envoie, Un mot de votre bouche achèverait ma joie; .Madame, don Félix, dont j'attends le retour...
Vous m'avez, pour répoudre, accordé plus d'un Sulfilque je l'estime, et que je ne puis taire [jour; Que la sœur, près de moi, peut beaucoup pour le D. DIÈGUE. [frère.
Je ne demande rien après ce doux espoir.
D. JUAN
Il ne nous reste plus que Guzman à pourvoir; C'est à lui de choisir entre les deux suivantes.
GUZMAN
Ah ! Béatrix.
BICATRIX.
Ile bien, est-ce fait ?
GUZMAN
Tu me tentes; Et, si je m'arrêtais à jeter l'œil sur toi. Le diable pourrait bien être plus fin que moi.
BÉATRIX
Quoi, tu doutes ?
GUZMAN
Vois-tu? L'hymen dont tu me pries Doit durer uu peu plus que tes friponneries. Pour un bail de six mois je pourrais hasarder;