MAXIMIAN, ACTE V, SCÈNE V
El cet amour que Faustc a si peu mérité, Contre vos intérêts est encore écouté?
Quand pour vous alTrancliir de tout ce qu'on hasar- Je vous ai conseillé de ciianger voire garde, [de, Vous voyez, au forfait qu'on lui peut reprocher. Par quelle politique elle a surempêcher. Cette garde à Licine aveuglément soumise, La flattait du succès de sa noire entreprise ; Et je vous vois toujours dans le même danger Si vous vous obstinez à ne la point changer. Non qu'à ces sûretés mon zèle vous convie Par l'elVroi du ])éril qui menace ma vie, Bien loin de me soufl'rir un si bas sentiment Je passerai la nuit dans votre appartement; Et si le trône enfin n'offre rien que respecte L'insolente fureur d'une garde suspecte.
Du moins, mon sang versé, s'il ne peut l'émouvoir. Justifiera l'avis que j'ai cru vous devoir.
FAUSTE
De tout ce que j'entends interdite et confuse. Je n'ose murmurer quand mon père m'accuse; Mais, après mon silence, il m'est bien dur de voir Que sur lui la nature ait si peu do pouvoir.
MAXIML\N.
Moi, je t'écouterais quand je vois que Licine Avec vous de l'État a juré la ruine"?
Voyez ce que pour lui les mutins ont osé.
Il doit être suspect puisqu'il est accusé; Mais je doute, seigneur, si ce serait un crime D'avoir encor pour lui quelque reste d'estime, Et de se hasarder à juger un peu mieu.x Du secret intérêt qu'il prend aux factieux.
MAXI.MIAK.
En vain votre pitié veut être son refuge. Qui se trouve innocentn'a jamais craint son juge; Et suspect d'une lâche et uoire trahison, Lui-même il se condamne en quittant sa prison. C'est peu si Martian ne seconde sa fuite, Martian qui du crime eut l'entière conduite. Et garda le secret, et qui, seul aujourd'hui. Aurait pu nous servir de témoin contre lui. Pour qui doit recourir à sa seule innocence. Trouver lieu d'évader, c'est trop d'intelligence. Seigneur, encore un coup, craignez-eii les effets, Il peut tout sur le peuple, il peut tout au palais. Il excite à son choix le calme et la tempête ; Et, quand sa perfidie en veut à votre tête. En prévenir la rage avec tant de langueur. C'est pousser le poignard qui vous perce le cœur.
CONSTANTIX.
Ainsi, tout prêt à voir l'entreprise détruite;
De Martian Licine a pratiqué la fuite?
C'est par lui que ce traître est hors de mon pouvoir?
MAXIMIAN
Lui-même par la sienne il vous le fait trop voir. ISecraignant rien, d'ailleurs, dansl'horreurdes sup-
[plices, J! laisse entre vos mains tous les antres complices.
Marliau au remords avait déjà cédé.
Lui seul l'eût convaiucii, lui seul est évadé.
D'autres témoins peut-être auront peine à se taire. Voici Maxime.