SCÈNE VI CONSTANTLN, MAXIMIAN, FAUSTE, CONSTANCE
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MAXIMIAN
J'ai voulu jusqu'au bout luivoirpousser son crime. Il meurt en m' accusant; laissez couler vos pleurs, Vous les devez, madame, à ses tristes malheurs. L'n amant qui pour vous a fait amas de crimes, Doit rendre par sa mort vos larmes légitimes; Et leur seule tendresse a droit de mériter Ceux que sur moi sa rage a voulu rejeter.
FAUSTE, à Vaximian.
Vous le savez, seigneur, quoi que m'impute un père. Le respect, le devoir m'ont appris à me taire; Heureuse dans un mal qui veut un prompt secours, S'il peut m'ètre permis de me taire toujours. CONSTANTIN, à Maximian.
Dans ce que d'un mourant le ciel nous fait entendre, C'est trop que d'accuser, songez à vous défendre. Sévère est mort, à qui le doit-on imputer?
MAXIMIAN
Quoi, parce qu'il m'accuse, on voudrait en douter ! Pour en craindre l'effet l'imposture est trop claire ; Qui fait fuir Martian a fait périr Sévère. Licine seul...
CONSTANTIN
Seigneur, sur quoi l'en soupçonner?
MAXIMIAN
Sur l'excès d'un orgueil qui se veut couronner, Puisqu'enfin de deux chefs que l'ambition presse, L'un à détruire l'autre à l'envi s'intéresse, El dans l'ennui secret de souffrir un égal. Met son heur le plus grand à perdre son rival. Voilà sur quels motifs le coupable Liciue...
CONSTANTIN
Mais dans sa trahison voyons-nous qu'il s'obstine? Si le peuple s'emporte, il le sait retenir.
MAXIMUN.
Et c'est un crime encor dont il faut le punir. Ce que sur les mutins il s'est acquis d'empire Fait voir à quoi, par eux, son lâche orgueil aspire. Sous les fausses couleurs d'un respect affecté Sou cœur de ses desseins cache l'indignité; Feignant d'agir pour vous, il agit pour lui-même. Courons de cet affront venger le diadème. Aussi bien, pour sa gloire, il faut qu'un souverain Avec des révoltés parle la foudre en main; Ils ont beau s'attacher aux intérêts d'un traître, Pour faire avorter tout, je ne veux que paraître; Et, quoi qu'à se garder Licine ait pris de soin, L'arrachant de leurs mains...