PERSÉE ET DÉMÉTRIUS, ACTE I, SCÈNE III
Vous assurez vos droits, ou gagnez la princesse.
Contre Déniélrius faisons agir l'adresse,
Tant que le roi, craignant ses secrets attentais,
Le force d'épouser la fille de Didas.
Pour s'assnrer de lui le prclcxtc est plausible,
Didas garde pour Konie une haine invincible;
Et, contre les projets dont s'alarme le roi,
Le prince étant son gendre, il répond de sa foi.
PERSÉE
Mais sa brigue, par là, se rendrait plus puissante!
ONOMASTE.
Seigneur, à cet liymen vous croyez qu'il consente. Lui, qui pour la princesse ardemment enflammé, Prétend n'aimer qu'autant qu'il se connaît aimé? Non, non, je ne mets point le refus en balance, 11 saura de Didas rejeter l'alliance; El d'un pareil mépris Didas trop indigné Contre lui, par nos soins, sera bientôt gagné. Jugez pour s'en venger ce qu'il doit entreprendre.
PERSÉE
Mais, si par politique il s'en veut faire gendre, Didas, que flatteront ses orgueilleux desseins, Se peut mettre avec lui du parti des Romains"?
ONOMASTE.
Alors, si jusque-là son courage s'abaisse, Son infidélité vous acquiert la princesse. Qui, dansles vifs transports de son juste courroux. Ne peut mieux le punir qu'en se donnant à vous. Quant au trône, seigneur, quoi que Didas put faire, Le ciel qui vous y place en exclut votre frère; Et, pour vous maintenir dans ce rang glorieux, Nous saurons, s'il le faut, prêter secours aux dieux.
PERSÉE
J'aurais tort de combattre un avis si fidèle. Et m'abandonne entier à l'ardeur de ton zèle. La princesse parait. Adieu, retire-toi.
Tu peux sur ce dessein sonder l'esprit du roi.