‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une noticeChapitre 785 sur 1518 · SCÈNE V l'IlILlPl'E, DÉMÉTRIUS, DIDAS · texte numérisé non relu

SCÈNE V l'IlILlPl'E, DÉMÉTRIUS, DIDAS

DÉMÉTRIUS

Non, non, je n'ai parléqiie pourmefaireeniendre: Et quoi que son faux zèle aime à vous déguiser. S'il ne m'accuse pas, je me veux accuser.

Abîmé dans la rage oîi son bonheur me jette, Je n'ai plus d'intérêt à la tenir secrète, Il est temps qu'elle éclate, et que mon désespoir Me venge aux yeux de tous de mon lâche devoir. C'est lui qui m'a perdu, lui qui m'a su contraindre D'affecter par respect la bassesse de feindre. Auprès de ma princesse on s'en sert contre moi. On me vole son cœur, on me vole sa foi ; Du traître que je vois l'outrageante imposture De mes propres refus tourne sur moi l'injure; Mais ses vœux de ma perte ont beau s'être applaulo l'ai dit à Persce, et je vous le redis : [dis,

Ou le public aveu de sa coupable adresse, Justifiant ma foi, me rendra ma princesse, Ou de mes tristes jours par lui précipités, Son sang, son lâche sang...

PHILIPPE

Insolent, arrêtez.

L'abus où pour un fils aime à tomber un père, Dérobe en vain le vôtre à ma juste colère. Si, plus ma patience en suspend les effets, l'ius je vous autorise à de nouveaux forfaits. Leur charme vous emporte, et jusqu'à la menace Vous laissez à mes yeux échapper votre audace; Vlais, puisque ni devoir, ni respect écouté...

UÉMÉTRIUS.

?ouT l'écouter encore il m'en a trop coûté,

i'ai craint votre colère, et me forçais à feindre;

lais qui vit sans espoir n'a plus lieu de la craindre;

Vprès avoir perdu ce qui fut tout mon bien,

.^érisse l'univers, jo ne craindrai plus rien.

^la princesse rendait ma gloire sans seconde,

Son cœur me tenait lieu de l'empire du inonde,

ICtsa seule conquête offrait à mes désirs

!le quoi remplir l'orgueil de mes plus fiers soupirs.

•'.epcndant, sur ma vaine et fausse obéissance,

!)idas de ce refus établit l'insolence.

Il feint qu'il me dédaigne, et de sa trahison

!e pourrais balancer à me faire raison?

11 saura, l'imiiosteur...

PHILIPPE

Ah! C'est trop me contraindre; Vous l'osez menacer, je vous le ferai craindre. V moi, gardes.

DIDAS.

Seigneur, où vous emportez-vous?

l'ont mou sang ne vaut pas l'éclat de ce courroux. !,e prince est votre fils, et ce vif caractère ju'ensecrctla nature imprime au cœur d'un père...

PHILIPPE

Ui !Dc quoiquesfortstraits qu'il soit au mien tracé,

.'ar sa coupable audace il est trop effacé;

le ne vois plus de fils où la noirceur du crime...

DÉMÉTRIUS

Dui,lemien contre moi vous rend tout légitime, l'arrache votre gloire à l'indigne projet l'unir un sang auguste au sang le plus abject. Déco molango im]iur la honte repoussée.

L'a lira rirhil de l'alfront où vous l'auriez forcée;

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