‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une noticeChapitre 801 sur 1518 · SCENE I ANTIOCHUS, TIGRANE · texte numérisé non relu

SCENE I ANTIOCHUS, TIGRANE

ANTIOCHUS

Eq vaÏQ à cet appât vous voulez que je cède, C'est redoubler mou mal que m'ollVir ce remède, Et le croire l'efletd'un chagrin bieû léger. Si par l'éclat d'uu trône on peut le soulager. Quoiqu'aux plus vertueux la couronne soit chère, J'aime à la voir briller sur ia tète d'uu père ; Et l'orgueil de mes vœux ne s'est jamais porté Jusqu'à ce grand partage où penche sa bonté. De quel Iront accepter les droits du diadème, Si je n'ai pas appris à régner sur moi-même"? Et par quelle âpre soif du vain titre de roi, Prendre un empire ailleurs que je n'ai pas sur moi"? Non, non, l'avidité de cette indépendance Ne m'en a point encor laissé voir l'espérance; Et, quoiqu'elle fût juste au rang où je suis né. Je puis vivre content sans être couronné.

TIGRAN'E.

Seigneur, chacun connaît avec quel avantage Une entière vertu règle votre courage; Et trop de grands effets l'exposent à nos yeux, Pour laisser croire en vous un prince ambitieux : Mais le roi, que poursuit l'impatiente envie De rendre ce grand jour le plus beau de sa vie. Languira dans ses vœux, si, pour les voir remplis. Épousant Stratouice, il ne couronne un fils. L'excès de son amour pour cette belle reine Veut tout ce qu'a d'éclat la grandeur souveraine, Et croit mal seconder la gloire de son choix. S'il ne la place au Ir'one au milieu de deux rois. Souffrez donc que, (lar h'i, d'un auguste hyméutc

Nous voyions avec pompe éclater la journée, Et que, de tant d'apprêts qui marquent sa grandeur, Votre couronnement augmente la splendeur,

ANTIOCHUS

L'éclat qui le suivrait n'a rien qui m'éblouisse. Je sais que Séleucus adore Stratonice, Qu'il ne vit que pour elle, et que jamais l'amour Ne prit tant d'intérêl aux pompes d'un grand jour ; Mais, lorsqu'il lui consacre uue ardeur toute pure, Sa bouté pour un fils vers elle est une iujure, Puisque, par ce partage, il la prive des droits D'étendre jusqu'à moi la gloire de ses lois. Ainsi, mon cher Tigrane, à quoi qu'il se préparc, Il faut que mon refus pour elle se déclare, Et mette un prompt obstacle à l'injuste projet Qui, pour me couronner, lui dérobe un sujet.

TIGR.AXE.

Seigneur, quand sous vos lois il met la Phénieic, Séleucus règne encor sur toute la Syrie, Et croit que plus d'éclat suit le don de sa foi. S'il lui soumet en vous les hommages d'un roi; Mais, si de ce refus vous vous trouvez capable, C'est l'effet du chagrin dont l'excès vous accabk-. Déjà depuis longtemps une morne langueur Étale dans vos yeux l'ennui de votre cœur ; Rien n'en saurait forcer l'abattement funeste, La seule solitude est le bien qui vous reste ; Et tout ce que jamais la cour eul de plus doux. Semble n'être que gène et supplice pour vous. Chacun surpris de voir ce changement extrême...

ANTIOCHUS

Hélasl Tigrane, hélas! j'en suis surpris moi-même; Et de ce noir chagrin les accès languissants Accablent ma raison, et confondent mes sens. En vain tout mon courage à leur trouble s'oppose, Plusj'eu resseusl'ell'et, moins j'en trouve la cause; Et pour la découvrir rien ne s'offre à nies yeux. Que l'astrequinous force, ou lecourrouxdesdieux.

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