‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une noticeChapitre 82 sur 1518 · SCÈNE II D. FERNAND, LUCRÈCE, BÉATRLX, PIllLIPIN · texte numérisé non relu

SCÈNE II D. FERNAND, LUCRÈCE, BÉATRLX, PIllLIPIN

D. FERNAND

J'accuse avec raison ma mauvaise fortune;

On ne vous saurait voir toujours seule chez vous'?

De vous-même à la lin je deviendrai jaloux.

La retraite me plaît; et, chez moi solitaire.

Du moins je ne vois rien qui me puisse déplaire.

Qui vous porte à troubler le repos où je suis'?

D. FEKNAND.

Vous u'aurez donc jamais pitié de mes ennuis?

LUCRÈCE

Plaignez-vous-en ailleurs, pour moi je les ignore.

D. FERNAND

L'amour...

LUCRÈCE

Ne parlez point d'un tyran que j'abhorre.

D. FERNAND

Mais un amant qui soutfre...

LUCRÈCE

Olez ce nom d'amant ; Il me choque, U me blesse.

D. FERNAND

Ah! C'est injustement; Puisqu'avec moins d'appas le ciel vous eût formée, S'il n'avait point voulu que vous fussiez aimée.

LUCRÈCE

Ne finirez-vous point cet importun discours?

Voulez-vous être aimable cl cruelle toujours? Que j'ai de passions pour de si grands mérites!

LUCRÈCE

Que j'ai d'aversion pour ce que vous me dites!

D. FERNAND

Que j'aime ces beaux yeux, qu'ils ont d'attraits pour LUCRÈCE. [moi !

Que je hais le soleil qui fait que je vous voi !

D. FERNAND

Oui, la lune eu effet vous est plus favorable;

Et vous fait voir sans doute un objet plus aimable.

LUCRÈCE

Que me voulez-vous dire?

D. FERNAND

Ah! De grâce, il suffit;

A qui m'entend assez je n'en ai que trop dit.

LUCRÈCE

Par ce discoursobscur vous voulez qu'on vous crai.

■ D. FERNAND. [gDS.

Je pourrai l'éclaircir, s'il fautqu'on m'y contraigne.

LUCRÈCE

Je me retire donc après un tel avis ;

Vous êtes en colère, et je crains de voir pis.

D. FERNAND, l'arrêlmU.

Sans ouir mes raisons?

LUCRÈCE

Je ne puis les entendre.

D. FERNAND

Malgré vous toutefois je vous les veux apprendre. C'est un procès d'amour où j'ai quelque intérêt. Je vous en fais le juge et j'attends votre arrêt; Mais ayant à loisir écouté ma partie.

Et peut-être du fait étant mal avertie. J'ose vous demander audience à mon tour; Puisqu'il l'a bien de nuit, je puis l'avoir de jour. Je ne dis pas pourtant que de la même sorte On me fasse couler par une fausse porte; Qu'on la laisse le soir cutr'ouverte; et qu'enfin, Tout bas par la fenêtre on me parle au jardin; Que Béatrixau guet rompe toute surprise; [mise; Qu'un amant, quoiqu'absont, vienne à l'heure pro- Qu'un voyage à dessein soit longtemps publié.

PHU.IPIN, bas.

11 a bonne mémoire, il n'a rien oublié. Au diable soit le maitre avecque sa harangue. Où me suis-je adressé pour jouer de la langue?

LUCRÈCE, bas.

Est-il vrai, l'ai-je ou'i?

PHILIPIN, à D. Fernnnd.

Monsieur, qu'avez-vous fait?

D. FERNAND, à PIlilipill.

D'un injuste mépris tu vois le juste elTet.

LUCRÈCE

Qu'on m'ait ainsi trahie ! Hélas, je suis perdue ! Ah! Béatrix!

BÉATRIX

Croj'ez...

LUCRÈCE

Tais-toi, tu m'as vendue; Malheur à qui se fie à de pareils esprits. PHILIPIN, à D. Feriwnd.

Voyez, ou va chasser la pauvre Béatrix.

DÉATRIX, à Lucrèce.

Plùt au ciel que vous-même avec votre colère, N'eussiez pas avoué ce que j'avais su taire, Et que par ce reproche...

LUCRÈCE

Encore un coup, tais-toi.

PHILIPIN, ù D. Fernand.

J'ai besoin d'un bon dos, tout va tomber sur moi.

D. FERNAND, <l PIlilipill.

Queveux-tu? C'en estl'ait; maispourmoi, pourtoi- Tàche à remédier à ce désordre extrême ; [même. Tu n'es que trop adroit pour en venir à bout;

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