SCÈNE I LAODICE, CLÉONE
LAODICE
Eu vain turaefaisvoirquele peuple estàcraindre. Le projet est hardi, mais j'ai dû m'y contraindre. Étouffer la nature, et ne balancer pas A couronner par là mes premiers attentats. Qui s'est pu dans le trône anV'iinir par le crime. S'il tremble à l'achever, mérite qu'on l'opprime; El quand mille forfaits le rendraient odieux. Le dernier qui l'absout est toujours glorieux. Si je ne veux périr, sa mort est nécessaire.
CLÉONE
Pour votre silreté je vois ce qu'il faut faire. Ce fils, dés son jeune âge instruit de vos desseins. Suivra, pour s'en sauver, les conseils des Romains; Et dans ce qu'ils auront de juste défiance. Vos jours seuls immolés feront son assurance; C'est ce que vous avez, sans doute, à prévenir. Anaxandre promet, mais pourra-t-il tenir? En jurant cette mort voyez ce qu'il hasarde. Le prince autour de lui doit avoir quelque garde. C'est un faible secours que vous ne craignez pas : Mais verra-t-on le coup sans connaître le bras? Un complice arrêté, que devient Anaxandre?
LAODICE
Ai-je dans son destin quelque intérêt à prendre?
Le coup fait, qu'il périsse, il m'importe fort peu,
Je ferai de son crime un entier désaveu.
Et croirai n'avoir plus à craindre un sort contraire.
Si d'un ambitieux Rome veut me défaire.
Ce n'est pas qu'il n'ait pris toutes ses sûretés,
Si ceux dont il se sert se voyaient arrêtés,
H m'a fait consentir qu'ils nommassent Oronte.
CLÉONE
Quoi, pour ce mallieureux une haine si prompte,