SCENE I ANGÉLIQUE, PHILIPIN
ANGÉLIQUE, lemml une lettre.
Si j'en crois ce liillot, Oi'onte est fort sincère. Il met tout son bonheur à me voir, à me plaire; Mais ce fut là toujours le style des amants.
PHILIPIN.
Madame, il meurt pour vous. Vous savez si je mens, Je suis valet d'honneur; et, quoi qu'il put écrire, S'il n'était fou d'amour, voudrais-je vous le dire? Il pense à vous sans cesse, et s'il avait cent cœurs...
ANGÉLIQUE
Quand il peut me parler il me dit des douceurs. Mais son se.xc partout doit ce tribut au nôtre.
PHILIPIN. [autre;
Mon maître, croyez-moi, n'est point fait comme uu A moins qu'on ne lui plaise, et plaise tout de bon. Jamais sur la fleurette il ne règle son ton.
Jamais? Et quelquefois il en conte à ma tante.
PHILIPIN.
C'est là de son amour la preuve convaincante. Il n'est pas de ces gens si fort abandonnés. Qu'il doive être réduit aux attraits surannés ; Kt si par votre tante, aussi vieille que folle, Il se laisse arracher quelque douce parole. S'y pourrait-il résoudre à moins que de savoir Qu'oQ n'obtient que par là le plaisir de vous voir? Mais que doit-il attendre enfin, que lui dirai-je?
ANGELIQUE
Que j'ai lu sou billet.
PHILIPIN.
Le rare privilège !
N'aurons-nous rien de plus?
ANGÉLIQUE
Quoi, tu n'es pas content?
PHILIPIN.
La plus indifférente en ferait bien autant. Ce n'est que savoir lire.
ANGÉLIQUE
Un jour viendra peut-être...
PHILIPIN.
Un peut-être n'est pointée que cherche mon maître.