LE BARON D'ALBIKRAG, ACTE II, SCÈNE IV
OROXTE.
A ce scrupule on vain votre esprit s'abandonne, Lisette y met bon ordre, et seconde mon feu, Il s'agit seulement d'obtenir votre aveu, Me l'accorderez-vous?
ANGÉLIQUE
Ce qu'ici je liasarde Ne vous répond que trop de ce qui me regarde ; Mais songez que les lois d'un rigoureux devoir Me forcent d'une tante à craindre le pouvoir, Que mon père eu mourant me mit sous sa conduite, Oue par quelque intérôt elle m'aime à sa suite. Et qu'avant que pour moi vous puissiez rien oser, Il faut qu'elle ait trouvé qui la veuille épouser. Il s'offre, m'a-t-on dit, un baron d'importance. Si l'affaire se fait...
ORONTE
Vivons en espérance.
Quelque obstacle qui tienne un esprit alarmé. Pour vaincre tout, madame, il suffit d'être aimé.
ANGÉLKJUE.
J'aurais peut-être dû m'en tenir à l'estime; Mais, puisque vous brûlez d'un fou si légitime, Que depuis si longtemps que vous le contraignez, L'amour est tel en vous que vous me le peignez, Je ne m'en défends plus.