‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une noticeChapitre 899 sur 1518 · LE BARON D'ALBIKRAC, ACTE 11, SCÈNE X · texte numérisé non relu

LE BARON D'ALBIKRAC, ACTE 11, SCÈNE X

Aux belles comme vous, tient toujours lieu d'ou- Maisil ne vousenfait<aucun,et, toutdebon,[trage, Vous chercher à deux fois auprès d'une poupon. Auprès de cette niùec, à peine encore au monde, C'est une gloire en vous qui n'a point de seconde. On m'en avait bien dit, et j'en trouve encor plus.

ANGÉLIQUE

Que dirai-je, ma tante?

A d'autres ces abus.

Ma tante!

LA TANTE

Je la suis.

LA MONTAGNE

Et celle-ci la nièce?

LA TANTE

Elle s'est déclarée.

LA MONTAGNE

Oui, pour me faire pièce, Comme provincial vous voulez me sonder, Mais ce n'est pas à moi qu'on en baille <à garder.

LA TANTE

On ne vous trompe point.

LA MONTAGNE

Quoi, vous seriez la tante ?

LA TANTE

Moi-même.

LA MONTAGNE

Je ne sais si le diable me tente, Mais je sais qu'il me fait vouloir que cela fût. Ah, quel plaisir alors do s'aimer but à but! Car ne pouvant causer qu'un mal de cœur extrême, Tel qu'on l'aurait pour vous, vous l'auriez tout de Mal decœurenamourest un drôle de mal. [même ; Mais qui de notre tante est donc l'original? Sans railler, est-ce vous?

Je ne suis point surprise De vous voir affecter exprès cette méprise ; Vous êtes obligeant, et me voulez flatter.

LA MONTAGNE

Non, ma foi, j'enrageais d'avoir lieu de douter; Et déjà je songeais à trouver quelque adresse Pour planter là la tante et donner sur la nièce.

LA TANTE

Ma nièce est-elle si...

LA MONTAGNE

Chacune vaut son prix, Mais enfin.

ANGÉLIQUE, bas à Lhetle.

Est-il fou de s'être ainsi mépris?

LISETTE

Le beau jeune seigneur! Qu'il est bien fait!

LA MONTAGNE

Ma mère A pris aussi, dit-on, grand plaisir à me faire, Et je m'en suis senti, car certain air gaillard Que j'ai d'elle hérité, me rend tout égrillard. Je vous divertirai, belle tante. Ah, ma nièce!

il faut céder, la tante est la même jeunesse. Certains traits enfantins, doux, mignons, délicats...

LA TANTE

Ne me louez point tant.

Je ne vous louerais pas.

Vous que je vois briller comme fleur printanière? Dieu me sauve, il n'est point... Montrez-vous par

derrière, Vous êtes encor mieux, et si propre à charmer, Qu'il ne faut point vous voir afin de vous aimer, Leportbeau,rairpoupin. J'en tien s, et sans remède. Quelle taille!

LA TANTE

Il en est qui l'ont un peu plus laide,

LA MONTAGNE

Comment diable ! Et de plus de cinquante carats.

LISETTE

Qu'il a d'esprit, madame !

LA MONTAGNE

Ah ! L'on n'en doute pas.

LA TANTE, à Oronle.

Vous êtes tout rêveur.

LA MONTAGNE

J'eusse eu peine à m'en taire Si vous ne l'eussiez dit. Rêve-t-il d'ordinaire? C'est un mal de chagrin dont je crains les accès.

LA TANTE

Il est à pardonner quand on a des procès.

Monsieur en a? Tant pis. Monsieur est de province.

ORONTE

Auvergnat.

LA MONTAGNE

On prétend votre noblesse mince, Et vous venez ici la réhabiliter?

ORONTE

Je crains peu que l'on songe à m'en inquiéter.

LA MONTAGNE

J'en connais, soi-disant, issus de haute race, Nobles comme le roi, qu'on remet dans la crasse. Parmi de vieux papiers abandonnés aux rats, Ils ont beau la plupart dénicher des contrats. Leur gentilhommerie étant toute en paroles, j Ne se trouve de poids qu'à celui des pistoles. A nous autres barons qu'on voit hors du commun. On n'a pas dit un mot, moins à moi qu'à pas un. Aussi, partout le bruit de ma noblesse craque, Mon père était Kerling, et ma mère Albikraque, Deux familles, pensez, d'éclat et de renom. Qu'on s'informe, on verra si quelqu'un dira non. LA TANTE, bas à Oroiite.

Vous n'avez pas sujet...

LA MONTAGNE

Je vous trouve inquiète.

Est-ce que vous craignez de me sembler mal faite? Ma foi, quand tout exprès, pour me rôtir d'amour, L'ouvrier qui vous fit vous aurait faite au tour, Qu'il aurait compassé, pour me rendre tout vôtre

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