‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une noticeChapitre 901 sur 1518 · SCÈNE I LÉANDRE, LISETTE · texte numérisé non relu

SCÈNE I LÉANDRE, LISETTE

LÉANDBE.

Nos aman Isa leurs feux vont trou ver peu d'obstacles.

Notre nouveau baron fait peureux des miracles;

Et de ce cabinet qu'il appelle enchanté.

Je suis exprès sorti pour rire en liberté.

La tante a beau vouloir faire un pas vers Orontc,

Il a, pour l'arrêter, toujours un nouveau conte;

Et sur chaque tableau la faisant haranguer.

Il la force à l'ouïr, ensuite extravaguor.-

Ainsi pour nos amants point de tante importune.

LISETTE

Ce n'est pas là pour elle une grande infortune. S'il la prive d'Oronle, au moins, d'une douceur. De moment en moment il lui flatte le cœur; Mais quand elle vous tient à l'écart l'un ou l'autre, Il n'est point de plaisir qui soit égal au vôtre. . Vous passez votre temps à ravir.

LÉANDRE

Justement, Oronte en a tàté.

LISETTE

Très copieusement.

Jamais on ne souffrit de si longue torture.

LÉANDRE

Il m'a dit en deux mots toute son aventure.

LISETTE

Quand dans le cabinet il vous a parlé bas. J'ai bien cru qu'avec vous il ne s'en taisait pas.

LÉANDRE

Tu fais le guet pour eux, et les laisse surprendre ?

LISETTE

Quand le malheur en veut, on a beau s'en défendre. Oronte étant entré, j'ai couru promplement Pour rejoindre la tante en son appartement; Mais par sa défiance elle a trompé la nôtre, J'ai pris un escalier, elle venait par l'aulre.

LÉANDRE

Oronte cependant tombe en de bonnes mains.

LISETTE

Qu'il s'en tire s'il peut.

LÉANDRE

C'est comme tu le plains.

Si tant de charité pour lui vous inquiète, Faites le tour d'ami, son affaire vaut faite, La tante vous adore, et vous préférera.

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