SCÈNE IV LA TANTE, ORONTE
LA TANTE
Je crois que vous devez avoir l'âme contente.
Du moins, pour vous marquer une tendre amitié.
Je fais assez pour vous.
ORONTE
C'est trop de la moitié.
Que dira le baron? Que croira votre nièce?
LA TANTE
La bonne créature est simple et sans finesse; Pour l'autre, le ménage offre assez d'embarras; Pour m'avoir donné lieu de faire ce faux pas, J'ai supposé quelque ordre oublié par mégarde. Et prié le baron de n'y prendre point garde. Que je ne le quittais que pour un seul moment ; Il est libre, et veut bien voir agir librement. Et puis, quand cette faute irait jusqu'à l'extrême, Onsepardonnetout, manquant pour cequ'onaime.
( ORONTE
Madame.
LA TANTE
Tout de bon, s'il faut ouvrir mon cœur. Dans votre procédé je vois tant de candeur. Tant d'honnêteté, jointe à l'ardeur la plus sage, Que pour quelque repos que m'offre le veuvage, Je ne me croirais pas être digne du jour, Si je désespérais plus longtemps votre amour.