SCÈNE IV LA TANTE, ORONTE, LISETTE, PHILIPIN
La perdre! Ah, douleur qui me tue !
LISETTE
Tâchez d'en avoir l'âme un peu moins abattue. Si l'on trompe vos feux, c'est pour vous secourir.
ORONTE
Ah, qu'il vaudrait bien mieux qu'on me laissât pé- Tu dis ([ue cet hymen lui tient lieu de supplice, [rir! Qu'elle fait en tremblant ce triste sacrifice. Qu'au baron à regret elle donne la main'?
LA TANTE
Plaignez-moi; mon malheur, Oronte, est trop cer- Vous le savez,pour moi l'hymen est une peine, [taiii; Par pitié de vos feux j'étouffais cette haine; Et, pour vous garantir d'un infâme trépas, 11 me faut épouser ce que je n'aime pas, Me livrer au baron.
ORONTE
Au baron! Ah, madame!
LA TANTE
Que de douceurs, hélas, va perdre votre flamme! La mienne, chaque jour, si l'hymen nous eût joints, Eût charmé votre cœur par mille tendres soins. Je vous aurais chéri, témoigné...
ORONTE
Quelle rage!
PHILIPIN, bas, La bonne âme!