‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une noticeChapitre 932 sur 1518 · LE BARON D'ALBIKRAC, ACTE V, SCÈNE VII · texte numérisé non relu

LE BARON D'ALBIKRAC, ACTE V, SCÈNE VII

Mais pour m'cmïi' iiommor madame la baronne, Me voir graud équipage...

LA MONTAGNE

Ah! Friand petit nez, De votre chef ainsi vous vous embaronnez? En fait de ce qui llatte, et doit donner à rire, La chatte a le goût bon, et ne prend pas le pire.

ANGliLIQUE.

Ne m'aviez-vous pas dit que vous vouliez...

LA MONTAGNE

Tout doux, Un baron tel que moi n'est pas viande pour vous; Un mets si délicat n'est que pour une tante.

ANGÉLIQUE

Ma tante, sans mari, vit heureuse et contente; Et plutôt qu'à l'hymen on la pût disposer, Elle ferait...

LA TANTE

Il faut vous entendre jaser.

Où va-l-clle?

AXGÉLIOUE.

Je sors de pour de vous déplaire.

LA MONTAGNE

Vous ne vous sauriez donc marier et vous taire? Venez, voibà le beau qu'on vous a destiné.

ANGÉLIQUE

Oronte!

LA MONTAGNE

Il est dispos, allègre, bien tourné.

ANGÉLIQUE

N'importe.

LA TANTE

Vous voulez, je pense, être priée ?

ANGÉLIQUE

Je suis trop jeune encor pour ôlre mariée.

LISETTE

Voyez, elle en mourrait.

LA MONTAGNE

Que d'importuns débats 1 Finissons en deux mots. Veut-on ? Ne veut-on pas?

Or.ONTE.

Mais en quoi mon hymen importe-t-il au vôtre. Pour vouloir que...

LA MONTAGNE

C'est là me prendre pour un au- II me faut faire un tour en Bretagne, et tandis [tre. Vous auriez tout loisir de vous être ébaudis. Moi parti, la Rapière absous, la chère tante Vous prenant pour mari, croirait vivre contente; 11 n'est contrat signé qui m'en pût garantir.

ORONTE

Hé bien, mariez-vous avant que de partir.

Un jour plus, un jour moins ne vous importe guères;

El...

LA MONTAGNE

Mon futur neveu, chacun sait ses affaires. Donnez la main.

ANGÉLIQUE

Moi?

LA MONTAGNE

Vile, et sans plus raisonner.

LA TANTE

La sotte !

LISETTE

Donnez-la, puisqu'il la faut donner.

Vous fâchez voire tante.

ANGÉLIQUE

Elle en parle à son aise.

Quand on a des barons...

LA MONTAGNE

Vous plaît-il qu'il vousplaise?

Il faut bien obéir, mais je ne réponds pas Qu'à vaincre mon dégoût jamais Oronte...

LA MONTAGNE

Hélas!

On s'accoutume à tout. Demain donc, sans remise, Dans les bras d'un époux l'épouse sera mise, Cela fait, je déloge, et pars en sûreté.

OHONTE.

Mais madame en a-t-olle autant de son côté? Si pour vous de sa foi mon hymen est le gage, Il lui faut contre vous un pareil avantage. Qu'après votre intérêt vous assuriez le sien.

LA MONTAGNE

Dépendre la Rapière est donc compté pour rien ? Sans l'honneur de ma sœur, qui ne vaut pas grand' Ce sont dix mille écus dont ma tante dispose; [chose. Et, pour vous faire voirque j'agis franchement. J'y veux bien ajouter encor ce diamant, Il n'est pas des plus laids.

LISETTE

Madame, comme il brille!

LÉANDRE

Il est de prix.

LA MONTAGNE

C'est presque un titre de famille.

Des seigneurs d'Albikracs il vient de père en fils. L'an est gravé dessous, mil deux cent trente-six. Si l'on ne m'en croit pas, en rompant. ..

Non, de grâce; On ne peut mieux prouver une ancienne race.

LA MONTAGNE

Nous la montrerons telle, et vous ramènerons. Pour nous voir marier, quinze ou trente barons. Si la noblesse a droit de chatouiller voire âme, Je vous en garantis satisfaite.

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