SCÈNE I ATTALE, ÉLISE, ALCLNE
ATTALE
Qu'obtiendra mon respect? Vous le voyez, madame. Je viens mettre à vospieds mou espoir et ma tlamnie, Si l'une a su borner mon espoir le plus doux, Je ne puis consentir à l'autre malgré vous; Et du plus heureux sort je fuirais l'assurance S'il coûtait à vos vœux la moindre violence. Ainsi, quoi qu'Annibal m'ait permis d'espérer...
ÉLISE
Vous l'avez déjà vu, faites-le déclarer, Seigneur, ses ordres seuls règlent ma destinée; Et sur les intérêts de ce grand hyménée, Pourvu que les désirs vers vous puissent pencher, .Ma joie ou mon chagrin vous doivent peu toucher. Voyez bien seulement, avant que d'y prétendre. Si vous vous connaissez digne d'être son gendre. Il n'est rien de plus fier que le sang d'Annibal, S'il monte sur le troue, il obéira mal ; Et vos maîtres du monde à qui les rois défèrent. S'ils pensent l'asservir, n'ont pas cequ'ilsespôrent. Là, suivant de mon sort l'orgueilleux ascendant. Ils me verront porter un cœur indépendant. Un cœur résolu, ferme, et capable peut-être De ha'ir un époux s'il endurait un maître. Ne vous exposez point à l'affront de me voir .Maintenir malgré vous le suprême pouvoir; Et si vous vous sentez et l'àme et le courage Par de basses frayeurs tournés à l'esclavage, Renoncez à des vœux qui pourraient vous trahir Jusqu'à vous dérober la honte d'obéir.
ATTALE
Que Rome à sa fierté jamais m'assujettisse. Que mon cœur se ravale à s'en faire complice, Et qu'assis sur ce trône où j'aspire à vous voir, Je m'y laisse éblouir d'un titre sans pouvoir! .Madame, jugez mieux de l'ardeur qui m'oullamme. L'orgueil d'un si beau feu répond d'une belle âme; Et l'honneur de prétendre à vos divins appas, Dans qui vous ose aimer ne soull're rien de bas. Ainsi ne craignez point qu'aucune dépendance