FLAMINIUS, PRUSIAS, ATTALE, ARAXE
FLAMIXIUS.
C'est donc ainsi qu'Altale à ses amis renonce.
ATTALi;.
Je connais mal, seigneur, par où j'ai mérité In reproche si dur à ma fidélité.
L'ardeur qui la soutient le rend peu légitime. Je reçois Annibal, mais ce n'est pas un crime. Ou vers Rome par là, si je noircis ma foi, Croirez-vous Prusias moins coupable que moi? n'Antiochus à peine il apprit la défaite. Qu'à ce même Annibal il accorda retraite, Le reçut tout fumant de ce fameux débris; Cependant, ce qu'il fait blessa-l-il les esprits? Vous parut-il suspect de pratiques secrètes ?
PRUSIAS
Je ne condamne rien au projet que vous faites; Mais assez de couleurs pourraient le pallier, Sans chercher mon exemple à vous justifier. .\ntiochus défait, Annibal pouvait nuire. Trouver quelque autre roi qui s'en laissât séduire; J'étais mailre en ma cour de son ressentiment. Ainsi je le reçus, mais sans attachement ; Et l'on me voit pour Rome une foi trop sincère. Pour douter des motifs de ce que j'osai faire.
ATTALE
Ce zèle si vanté, dont vous êtes jaloux, N'est pas moins fort en moi qu'il pourrait l'être eu Et quand vers Annibal ma parole m'engage, [vous. Rome n'a pas plus lieu d'en prendre de l'ombrage.
PRUSIAS
Son asile était sur, vous l'y pouviez laisser.
ATTALE
Vous voyez toutefois qu'il y veut renoncer, Et que dans voire foi le vif éclat qui brille, Ne saurait...
PRUSIAS
Mais enfin, vous épousez sa fille?
ATTALE
Je n'avais pas prévu que contre le sénat Disposer de mon cœur dût être un attentat. Pour Élise, il est vrai, l'amour me sollicite; Mais de quoi m'accuser lorsque je vous imite ?
PRUSIAS
Quoi, l'on me voitprétendre au nom desonépoux?
ATTALE
iXon, seigneur, cesoupçon netombepointsurvous; L'hymen vous siéraitmal,etdansràgeoùvousêtes. Aux tendres passions peu d'âmes sont sujettes; Mais lorsque d'.Vnnibal vous vous fîtes l'appui. Vous vouliez seulement vous assurer de lui. Prévenir ce qu'ailleurs il pouvait entreprendre. Par un zèle aussi pur je veux être son gendre. Et l'empêcher de mettre en de mauvaises mains Un dépôt dont la garde est utile aux Romains.
FLAMINIUS
J'ai voulu vous laisser par ces raisons frivoles Étaler votre esprit, et perdre des paroles. Mais enfin, moi présent, et sans m'en consulter, On vous offre une main, vous osez l'accepter? Vous osez à mes yeux, enflé du rang suprême. Trancher du souverain, ordonner de vous-même; Et, sans songer par qui Pergame est sous vos lois, Votre amour prétend faire une reine à son choix? C'est donc là le respect que vous portez à Rome?