‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une noticeChapitre 968 sur 1518 · SCÈNE YI ÉLISE, iMCOMÈDE · texte numérisé non relu

SCÈNE YI ÉLISE, iMCOMÈDE

Que vous disait le roi, prince, et d'ofinait ce trouble?

NICOMÈDE

Dans mon cœur à vous voir je le sens qui redouble; Mais, madame, jugez s'il doit être pressant, Aux vœux do mon rival Flaminius consent, Attale vous obtient.

ELISE

C'est ce qui vous étonne?

Pour tirer mon aveu la voie est assez bonne; Et Rome, à qui je porte un courage soumis. Peut répondre de moi quand elle aura prorais.

NICOMÈDE

Mais on livre .\nnibal, et c'est ce qu'on vous cache.

KLISE.

Mon père?

SICOMÈDE.

Il est le prix de l'aveu qu'on arrache. Ne craignez rien pourtant de cette trahison. Je vais trouver Attale, il m'en fera raison; Et s'il ose...

Arrêtez, que prétendez-vous faire?

Cet avis m'est suspect, il part de votre père, Qui craignant deux rivaux, pour en venir à bout. Veut perdre l'un par l'autre, et désavouer tout.

NICOMÈDE

Ainsi donc il vous plaît que, sans rien entreprendre, Je laisse à. mon rival le temps de vous surprendre. Ou, si l'avis est faux, vous voulez que ma foi Cède à ses vœux un cœur qui semblait être à moi ?

ÉLISE

Si l'avis n'est pas vrai, je veux que votre flamme Prenne pour seul objet la fierté de mon àme ; Je vous aime, et l'aveu peut-être m'en sied mal ; Mais enfin, je vous aime en fille d'Annibal. Sans ce faible honteux qui, quand on l'ose croire. Couronne la tendresse aux dépens de la gloire. Montrez-vous en pouvoir de braver le sénat, De votre hymen à fout je préfère l'éclat ; Et je m'applaudirai de voir qu'ainsi, sans peine, Mon cœur puisse accorder mon amour et mahainc. Mais ne prétendez pas qu'un sentiment si doux Me dérobe à mon sort pour me garder à vous ; Il est de haïr Rome, et, si je puis contre elle Obtenir qu'à ma haine Attale soit fidèle. Malgré ce qu'en mon cœur vos feux trouvent d'ap- Je ferai vanité de me donner à lui. [pui,

Voilà de mon orgueil quelles sont les maximes.

NICOMÈDE

Ces sentiment sont grands, illustres, magnanimes; Mais, quoi que l'on promette à leur noble fierté. Quel cœur de votre haine aura la fermeté? Qui vous assurera qu'Attale soit sincère?

ÉLISE

N'en soyez point en peine, il entretient mon père ; Et, s'il obtient de lui ce que vous méritez, Ma main, en se donnant, prendra ses sijrefés.

NICOMÈDE

En est-il dont la suite otTre à votre disgrâce...

ÉLISE

Ayez soin seulement de voir ce qui se passe, El croyez que l'effort où s'apprête ma foi, Quoi qu'il ait de fâcheux, sera digne de moi.

NICOMÈDE

Hé bien, madame, il faut dans ce péril extrême

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