SCENE I
ÉLISE, PRUSL\S, ARAXE.
ÉLisK. [lance
Quoi! Je vous vois, seigneur; et bien que l'iaso- Donton use envers nous vous demande vengeance, Votre honneur, votre foi sont des fantômes vains Lorsqu'il faut s'opposer au crime des Romains?
PRUSIAS
Pour détruire un projet à nos vœux si contraire, Je n'ai rien oublié de ce que j'ai pu faire. A peine l'ai-je appris, que ce rapport fatal M'a fait, tout indigné, courir vers Annibal : J'ai mis autour de lui ceux des miens dont le zèle M'a, pour le seconder, paru le plus fidèle; Mais voyant les Romains, malgré tous nos elîcrts, Contre lui, contre moi se rendre les plus forts, J'ai cru que pour répondre à la foi qui m'engage, 11 fallait empêcher qu'on ne vous fît outrage. Voilà ce qui m'amène, et je viens vous offrir Tout ce que peut uu roi qui veut vous secourir.
ÉLISE
Ce zèle est obligeant, généreux, magnanime.
PRUSIAS
Ah! Si vous connaissiez l'ardeur dont il m'anime; Quels feux depuis longtemps dansmon cœur renfer- Vous ont fait... [mes
ÉLISE
Oui, seigneur, je sais que vous m'aimez; Mais enfin il fallait, si vous me vouliez plaire, Ne m'en venir rien dire, et mourir pour mon père : J'aurais suivi ses pas; et c'est de quoi rougir De plaindre son malheur quand je devrais agir. Mais en vain je déploie et promesse et prière. Dans cet appartement on me tient prisonnière. Mes efforts pour sortir ont été superflus. On m'arrête, et peut-être Annibal ne vit plus.
PRUSIAS
Si le ciel aujourd'hui me met dans l'impuissance D'empêcher une injuste et lâche violence. Au moins, madame, au moins de cette trahison Il ne tiendra qu'à vous que vous n'ayez raison. Venez dans mes États, et toute à votre haine Acceptez mon secours avec le nom de reine. Pour venger Annibal, il n'est rien qu'avec vous Conlre ses assassins ne tente mou courroux.