SCENE VI PALMA, CHRISTIAN, FRANZ
PALM A. Il ferme la porte du fond et ferlent; arec force.
Parlez, monsieur, parlez ! Quel chemin sanglant tous a conduit ici, sous ce nom, et avec ces titres ?
CHRISTIAN
Là! là! mon. jeune maître ; comme votre esprit s'échappe
tout de suite en de sombres conjectures !
PALMA
Il faut que je sache, entendez-vous, dans quel but vous êtes venus ici usurpant ces titres.
FRANZ
Et qui vous dit que nous les ayons usurpés, ce
CHRISTIAN
Vous êtes singulier, maître ! Oseriez-vous di que vous savez qui je suis ? Je puis être duc ou ce que je voudrai, et je vous défie de me démei ne savez de votre propre histoire que ce que je y conté, et vous savez fort peu de chose de la mien
PALMA, se contenant et tremblant d'émotion.
Ainsi, c'est vous, Franz, qui êtes le fiancé de dame d'Arnheim ?
CHRISTIAN
Qu'y voyez-vous à dire ?
PALMA
Rien !... et ce mariage est décidé?
CHRISTIAN
Il sera fait dans deux jours. En quoi cela vous offenset-il ?
PALMA, amèrement et baissant la voix.
En rien ! Mais parlons sérieusement, monsieur... ditesmoi... ne me cachez rien... je suis à vous, je suis votre complice de vieille date, vous savez. Dites-moi... la nuit prochaine, il y aura un crime, un meurtre peut-être commis dans ce château... Eh bien? vous faut-il quelqu'un de dévoué pour veiller sur les fenêtres, pour préparer l'échelle ? vous faut-il un homme déjà fait au crime... pour bâillonner votre victime et étouffer ses cris?... Dites ! parlez... je suis à vous, je suis tout à vous, vous savez bien !
CHRISTIAN, sombre.
Maître Palma, prenez garde !
PALMA, éclatant.
Par le ciel ! c'est à vous de prendre garde, messieurs ! Vous allez sortir à l'instant et pour jamais de cette maison... ou je vous accuse aujourd'hui devant les hommes, et demain devant Dieu.
CHRISTIAN
Maître !
PALMA
Vous eussiez mieux fait de me demander mon honneur jusqu'à son dernier souffle, mon sang jusqu'à sa dernière goutte, que de franchir le seuil de cette maison avec une pensée coupable !... J'ai parlé ! choisissez, et finissons !